22 décembre 2006

Joyeux Noel

Rock'n Santa Claus !
Joyeux noël à tous tatoués et futurs tatoués ! Que le petit papa cadeau de service arrive à passer par le convecteur electrique pour déposer au pied du sapin en plastique une bonne idée d'encrage et plein de boites de pommade cicatrisante ! Love à tous, même à ceux qui ne supportent pas les fêtes, courage les gars c'est bientôt fini ! Et gavez vous bien de dinde et de marrons glacés : ça fait plus de peau à piquer (lol!!). Bises !!!!

18 décembre 2006

Une de plus, pour la route...

bip bip!!!
Alors c'est l'hstoire d'une demoiselle qui va se faire tatouer un lapin playboy au dessus de la fesse. Elle choisi un modèle façon "chrome" et va se faire piquer. Tout se passe, croit-elle, pour le mieux lorsque son tatoueur lui dit:"

-Tu as une super peau je vais rajouter quelquechose sous le lapin"

Et de lui encrer une banderolle avec un lettrage plutôt maladroit sous le lapin, lui-même fort mal exécuté. Ce qui me vaut le plaisir de sa visite pour faire recouvrir le catastrophique ensemble.

On peut faire, in extremis, quelques menues adaptations sur le motif d'origine, pour coller à l'anatomie du client, éviter des grains de beauté ou accentuer tel contraste pour améliorer la lisibilité du dessin, mais de la à rajouter unilatéralement un bidule non validé au préalable par le client, il y a de la marge.

Dans la même série, un jeune vient me voir avec sur la peau un platrasse tribal du plus mauvais effet, mal tapé, grossier, lourd... une horreur. Pour se le faire retoucher bien sur, et quand je lui fait remarquer que le dessin original devait être assez "barbare", le sieur de me déclarer: "

-Non le dessin était sympa. Le tatoueur a d'abord collé à l'original, puis a décidé de remplir arbitrairement toute une zone entre deux branche au motif que "cela faisait plus beau"...."

Oups! raté... Le beau est subjectif comme disait l'autre, et quand il existe un original, la moindre des chose est d'y rester fidèle au maximum, pas d'y ajouter des touches artistiques de dernière minute souvent du plus mauvais effet. L'art s'arrête au papier, ensuite commence l'artisanat. On peut faire toutes les fantaisies imaginables au crayon, la machine, elle, exécute ce qui a été validé, donc réfléchi par le client, ni plus, ni moins. CQFD.

23 novembre 2006

Les consignes....

Fier d'être papa!

Bon, on va dire "ouh le méchant, il fait qu'a dire du mal des collègues". Et là je m'inscrit en faux, puisqu'un grand nombre de mes très estimés collègues sont d'honnètes artisans, fiers et intègres, pratiquant, avec l'amour du travail bien fait, ce merveilleux métier. ( et la on va dire "ouh il fait de la lèche", et "on" n'a qu'à savoir ce qu'on veut...).

Car toi aussi, ami client tu n'es parfois pas aussi blanc que la blanche colombe qui souvent est un peu grise.

Parmis les tatoués se glissent parfois de noires brebis dont le but secret est de conquérir le monde en commençant par agresser d'innocents tatoueurs :

a/ Les chimiques : la sueur est une sécrétion naturelle dont l'odorant fumet n'épargne ni le tatoué, ni son boureau : le tatoueur. A condition qu'elle soit fraiche, nous la considérerons comme un aléa supportable de cette promiscuité temporaire que provoque l'art dermagraphique.
Là où le bât blesse, c'est lorsque l'on se trouve confronté à un cru millésimé dont le savon n'a tangiblement pas altéré la puissance depuis un certain temps. Un client a avoué à l'un de mes collégues ne prendre qu'une douche par semaine...
A ranger dans la famille des "Je me lave les dent au Munster" et autres "Qu'il était bon, ce cassoulet à midi".

b/Les jemenfoutistes : votre tatoueur va vous donner un certain nombre de conseils avant, pendant et après le tatouage. Il sait de quoi il parle (en théorie) et ses conseils on pour but d'obtenir un tatouage de bonne facture et proprement cicatrisé.
- Ne pas boire ou "fumer" la veille d'un tatouage : autrement c'est bain de sang pour tout le monde.
- Ne pas s'exposer au soleil, ni à l'eau de mer ou de piscine pendant une durée donnée.
- Utiliser la crème recommendée par le tatoueur...etc

Et non pas, comme je l'ai déjà vu, en un seul cas, se prendre un caisse la veille, fumer un pétard en se baignant dans une piscine en plein mois d'Aoùt, en plein soleil, 1 heure après un gros maori, et enfin ne pas appliquer le moindre produit pendant la cicatrisation... et se retrouver avec une croute de la taille d'une pizza royale, qui céde naturellement la place à un gruyère à trous blancs.
Tout cela pour venir me trouver pour me dire que le collègue auteur du tattoo a mal bossé, et me demander de rattrapper l'ensemble.

c/ Les "on m'a dit" : Les conseils de votre tatoueur sont les seuls qui sont dignes de foi pour votre tatouage (à part les dermatos ou les médecins qui, eux, maitrisent le support). Si je dis "telle pommade", il faut impérativement utiliser ce produit pas un autre. Genre "on m'a dit " que telle pommade marche mieux ou plus vite... On m'a dit d'en mettre plus, ou moins, en épaisseur, plus longtemps... et on revient me voir avec des croutes longue durée ou une cicatrisation hyper lente.

"on" dit souvent des carabistouilles...

Moralité : écoutez votre tatoueur !

La collection s'allonge !

Old skool rocks !

Vous aimez les coquilles de tatoueurs ? En voilà une qui réjouira les plus insensibles d'entre vous. Comme souvent par les temps qui courrent, une charmante demoiselle vient en ma modeste boutique pour faire rattraper une erreur de jeunesse. Un bidule de piètre facture dont visiblement j'avais su juger l'ostensible médiocrité, puisqu'en raison de l'air aterré que j'arborais à la vue du chef d'oeuvre, la jouvencelle s'empressa de m'expliquer ceci :

"J'avais vu que le calque ne correspondait pas à l'original et n'était pas à la bonne taille, et, quand je l'ai fait remarquer au tatoueur, celui-ci m'a repondu qu'il était hors de question de refaire la calque, que c'était trop tard et qu'il le piquerait dans l'état..." ...ce qu'il fit (malheureusement).

Tant que l'encre n'est pas dans la peau, tout est modifiable ! Le tatoueur que vous avez en face de vous a suffisament consience du caractére définitif du tatouage pour refaire si besoin le calque ou le repositionner : il vaut mieux perdre 10 minutes plutôt que 10 centimètre carrés de peau. Autrement vous ètes chez la mauvaise personne !

Je ne vais bien-sùr pas vous conseiller de chercher systématique la petite bête et faire refaire 10 fois son calque au malheureux, mais il m'est arrivé parfois de reposer 3 ou 4 fois un calque jusqu'à satisfaction du client. Le tatouage est mobile tant qu'il n'est pas encré... après c'est trop tard... et définitif.

Mais seulement à ce moment là.

Et si par malheur la personne en face de vous se refuse à écouter votre requète, c'est que visiblement elle est plus interessée par le contenu de votre portefeuille que par la satisfaction que vous retirerez de votre tatouage. C'est peut-être l'heure de vous rhabiller et de quitter les lieux, avant d'hériter d'une tache de naissance en plus... en moins joli.


02 novembre 2006

La rumeur....

Aiguisé comme une lame, pointu comme un couteau...

Blah, blah,blah.... s'il est un milieu où la parlotte tient lieu de presse à scandale c'est bien le tatouage. "on m'a dit que...", "il parait que..." "à ce qu'il parait..." et vogue la galère de la vox populi.

"On m'a dit du mal de vous..." m'avoue une cliente pas plus tard qu'aujourd'hui, "mais je suis venue quand même" ( l'intelligence et l'indépendance restent les meilleures armes contre le ragot.). "Une relation m'a dit qu'une amie lui aurait dit que vous l'avez mal tatouée..." me confesse-t-elle avant de repartir satisfaite de son nouveau tattoo. OK, je ne suis pas infaillible, et la marge d'erreur, même faible, qui est inhérente à cette activité est réelle.

Jusque-là , la voix de la rue avait plutôt charmé mes oreilles... et mon planning. Mais là ça me turlupine : j'ai un penchant naturel type Bisounours : j'aime pas qu'on m'aime pas ; doublé d'une conscience professionnelle parfois obcessionnelle.

Cependant, il me semble que la première personne à qui s'adresser en cas de mécontentement c'est le présumé"fautif", donc mon humble personne. Et à ce jour, les rares cas d'insastifaction, souvent liés à une cicatrisation difficile, ont toujours étés réglés au plus grand bonheur des deux parties par quelques passages de machine. J'ai toujours dit qu'un tatouage est fini quand le client en est légitimement satisfait... et comme j'ai la fâcheuse tendance à faire ce que je dis...

Cela, c'est si l'information est vérifiée...ce qui est rarement le cas.

Outre toutes les légendes urbaines, déjà abordées dans ce blog, sur les encres fluo ou métal, les tatouages semi-permanents, et la cicatrisation au lait de femme enceinte (si si !), une grande partie des ragots arrivant aux oreilles d'un tatoueur concernent... les autres tatoueurs et parfois même sa propre personne, en l'occurence moi.

1/ "Je vais fermer, j'ai fermé, on va tous fermer", ça c'est la rumeur standard : "on m'a dit que X va fermer". Il y a même ce collègue qui en rentrant de 2 mois de vacances dans les îles a appris que selon la rumeur il avait passé cette période en prison ! Cet autre collègue qui fait des travaux dans son salon a bouffé du "il est fermé" durant toute la durée du chantier, alors que pendant ce temps il continuait a travailler à l'étage.

2/ Une autre catégorie de rumeur concerne les pratiques professionnelles :" untel perce les nombril au pistolet", "tel autre utilise les mêmes aiguilles toute la journée", "machin travaille avec une bière à la main"... la seule antidote reste la vérification en personne. Si quelqu'un s'approche de vous avec un pistolet dans l'intention de vous percer autre chose qu'une oreillle (et encore), n'ouvre pas une aiguille neuve devant vous avant la scéance, ou sent l'alcool avant un acte : FUYEZ.

3/ La catégorie la plus insidieuse reste le :" tel tatoueur a dit ça de toi". Et là c'est très simple à démonter, car dans ce cas, je décroche mon téléphone et j'appelle le gars pour vérifier. Il n'y a pas très longtemps j'ai eu la cas du "tel tatoueur a dit que tu fermais"; or il se trouve que c'est un collègue avec lequel j'entretiens de bons rapports... diantre, surprise !!! Donc je l'appelle et obtiens de l'interressé un démenti formel, auquel je crois d'autant plus que je le connais. En plus, lui avait eu le droit au "fermé pour travaux". Ragots, ragots, ragots...

Quand on me demande mon avis sur un collègue, la plupart du temps j'évite le sujet... ça évite les embrouilles. Quand on me demande mon avis sur un tattoo... j'en fait un blog ( cf Faux-cuisme diplomatique). Quant à ceux qui créent ou diffusent les rumeurs, c'est leur karma, pas le mien... on se reverra en Enfer !

Quant à la qualité du travail de chacun : jugez sur pièces.




26 septembre 2006

Une de plus...

Dites le avec des fleurs !

Dans la série "les excuses bidons pour justifier un tattoo raté", il m'est revenu à l'esprit une petite anecdote fort sympathique, que je m'en vais séant vous narrer :
Ce monsieur vient nous voir, à l'époque on travaillait en binôme, pour que nous retouchions un tatouage visiblement massacré que le pauvre arborait à l'épaule. Le verdict était sans appel : dessin minable et mal tracé , remplissage salopé, bref un bidule qui ressemblait autant à un tattoo, qu'une tache de boue à un Botticelli.
Et quand mon collègue eut la bonne idée de demander comment ce chef d'oeuvre avait pu voir le jour, la réponse nous laissa pour le moins perplexes :

"Le tatoueur a dit que ce n'était pas de sa faute, il m'a dit que le tatouage était laid parce que sa machine était mal réglée."

(rires du public)

J'en ai déjà, dans ma courte existence, entendu pas mal des excuses à 2 balles, mais là Bingo!!! On a un gagnant, un vrai. Le foutage de gueule élévé au rang de discipline olympique !

On pourrait considérer que ces foutues machines ont une facheuse tendance à se dérégler, à cause des vibrations, des manipulations, des fluctuations du champ magnétique terrestre, que sais-je... Et qu'elles sont fichtrement difficiles parfois à accorder, entre les ressorts, les vis, les bidules et les machins faits à la main qui parfois donnent l'impression de se liguer contre le malheureux qui tenterait de vouloir les faire tourner de concert pour obtenir, ô impertience suprème, un dessin sur de la peau ! Bon Ok (ça c'était le passage "avocat du diable").

Mais excuser sa propre incapacité artisanale et artistique par une pseudo défaillance technique, faut pas abuser ! La machine ne marche pas : on en prend une autre. Y en a pas d'autre, on règle celle qu'on a. On y arrive pas, on remet le rendez-vous... Bon sens ? Je crois.

Et ce pauvre client qui avait tout gobé d'un trait. Et qui a repayé son tattoo, en joli cette fois.

A ajouter dans la liste "Pure Mauvaise Foi" aux côtés de :
- Mon chien a mangé mes devoirs (un classeur de 2 kilos avec le cartable, quand même !)
- Ma grand mère est morte (4 ème fois, c'est grave docteur ?)
- Ma voiture n'a pas démarré ce matin à cause du gel (j'habite à 5 minutes à pied, j'ai pas le permis et on est en été....)

MDR

14 septembre 2006

Vulgaire

tiens, une tête de mort...

Dans la série "des vertes et des pas mûres", en voilà une belle, tout juste pêchée aujourd'hui :
En fin de matinée, débarque à la boutique une joyeuse bande de demoiselles. L'une d'elle engage la conversation par "Est-ce que vous tatouez ici ?" en pointant le bas de son pli inguinal.
La question m'intrigue, je lui demande donc pourquoi je ne tatouerais pas cet endroit précis, plus habitué que je suis au "et ici, ça fait mal ?" ou au "et en cas de grossesse...".

Réponse : " je suis allé voir un autre tatoueur et il m'a dit que ça faisait vulgaire."

Alors là, que dire ?
Aider les gens dans leur quête, à l'aide de conseils esthétiques, graphiques ou physionomiques : je considère que cela fait partie du métier.
Sortir des critères plastiques et basculer sur un jugement d'ordre moral, là, il y a dépassement de bornes façon sortie de route.

"Vulgaire"

Qu'est-ce que cela veut dire ? Qui édite la définition du "vulgaire", et par opposition à quoi ? Pourquoi un tatouage à cet endroit serait plus "vulgaire" qu'à un autre emplacement ? Juger ainsi le choix d'une personne, décision qui en tatouage n'appartient qu'à elle, n'est-ce pas juger la personnne? Sachant que pour une grande partie des tenants de l'ordre moral, le simple fait d'être tatoué est en soi d'une unsoutenable vulgarité...
Mais qu'un tatoueur sorte ce genre d'ineptie, c'est quand même un peu gros. Alors un gros tribal sur l'épaule serait moins vulgaire qu'un ornement tiré de l'art nouveau situé à proximité de la région génitale ? J'aurais personellement tendance à préférer le second au premier, mais n'irais jamais dire que l'un est vulgaire et l'autre pas... En plus visiblement la demoiselle avait bien réfléchi son projet et n'était pas venu demander l'avis du vatican sur les tatouages intimes mais juste un dessin (refusé aussi d'ailleurs...) et un tarif.

On peut dire d'un tattoo qu'on l'aime ou pas (critère subjectif), qu'il est bien exécuté ou mal exécuté (critère objectif), mais peut-on juger d'un tatouage sur une base morale arbitraire? Surtout lorsque, en tant que professionnel, on doit respecter la volonté du client et le satisfaire en faisant parfois abstraction de ses propres gôuts.

Enfin bon, ça ne m'a pas coupé l'appétit, mais la seule conclusion à apporter à ce genre d'anecdote c'est que certains collègues doivent avoir tellement trop de travail et gagner tellement trop d'argent que ces gars peuvent se permettre de rembarrer des clients avec des jugements bidons.

tant mieux ça me fait des clients en plus !


13 septembre 2006

Faux-cuisme diplomatique

Et une Tête de mort en plus !

Dès qu'on est professionnel de quelque chose, il y a toujours quelqu'un pour vous demander votre avis sans vouloir une réponse franche... Je m'explique. Alors que j'étais aux beaux arts, dès que je débarquais quelque part, il y avait systématiquement une toile ou un dessin qui sortait de je ne sais où pour se retrouver collée sous mon nez avec la question de rigueur : "Qu'est-ce que tu en penses ?".

C'est là que commencent les ennuis. Dans 95% des cas ce n'est pas une vraie question, cela signifie : "vas-y l'expert, dis moi que c'est beau! ". Et la réponse obligatoire : "euh... waw, tu as fait ça tout seul, c'est splendide !"... Sauf que dans 94% des cas , on a envie de crier "Qui s'est essuyé sur une toile neuve, c'est du gachis" ou bien "tu devais en tenir une belle, ce soir là" ; mais ce n'est pas vraiment la réponse escomptée. Là on risque de se faire des ex-amis.

Ma réponse standard est devenue : "c'est original, mais faut travailler un peu plus le style..."
Faux-cuisme diplomatique ! Je suis pour la paix des ménages, et vous n'imaginez pas le type d'horreur que l'on a pu brandir sous mon pauvre tarin !


Seulement maintenant c'est pire : je suis tatoueur.

Et pas plus tard que dernièrement, comme à peu près tout le temps depuis que je suis dermographiste, un gars pour qui j'ai une certaine sympathie a dégainé sous mon nez un tattoo, devant lequel j'ai eu un imperceptible mouvement de recul.

Bon, quand quelqu'un que je ne connais pas vient à la boutique et me demande mon avis, je suis d'une redoutable franchise, dans un sens comme dans l'autre : j'ai vu passer de très belles pièces (du Chaudesaigues, du Tintin, des boulots de mes collègues de Dermagraphic Narbonne ou Béziers, quelques pièces d'autres perpignanais) auquel cas j'applaudirais presque direct dans la boutique. Et quand c'est à chier, j'essaie d'amener avec tact l'idée qu'il faudrait peut-être envisager une retouche, un recouvrement ou un coup de ponceuse à bois (nan je rigole !).

Mais là, je le connais le gars, et il est très gentil, et il me sort l'archétype du tattoo raté : remplissage à trous, pas uniforme, tracé lamentable, ombrage minable (je lui ai demandé s'il s'agissait effectivement d'une ombre... ou d'un noir mal cicatrisé), sans parler d'un motif objectivement sans l'ombre d'un intérêt graphique, voire carrément laid.
J'évite de critiquer les "collègues" en règle générale, et j'ai bien pris soin de lui suggérer d'aller faire des retouches sur son bidule avec diplomatie... La concurence est une saine chose, et je conçois que mes potes aillent se faire piquer où bon leur semble, même si je préfère chez moi !

Et je voyais briller dans son oeil amical, l'attente d'un compliment qui ne vint jamais. Mais bon, lui proposer directement une séance de laser alors que sa tâche n'était pas encore cicatrisée, aurait probablement jeté un froid par cette belle soirée de fin d'été.

J'ai donc sorti mon nouveau faux-cuisme spécial tatouage :
"C'est original... il est fini ? ah bon... tu devrais peut-être retourner faire des retouches.... il faudra le voir terminé !"

Exemple rare ? Malheureusement non, une relation qui était venue me voir pour un tattoo, se l'est fait faire ailleurs, pour une histoire de prix... et a dû quand même me verser des sous pour que je reprenne l'erreur apparue sur sa peau. J'ai d'autres exemples, mais je crois m'être fait comprendre.

Soit dit en passant un tatouage c'est pour la vie et c'est définitif : ça ne se réfléchit ou ne se négocie pas comme une machine à laver : la qualité a un prix... ben oui je me répète, ça doit être l'âge.

01 septembre 2006

Instrument à vent : pipeau !

Leçon de motivation

Dans la série : "Mon site, Mon pipeau" , j'étais passé au printemps sur le site d'une "Tatoueuse professionnelle à domicile" (?) dont la homepage était à la fois pompeuse et trompeuse.

D'abord, et c'était le moindre de ses pêchés, l'accroche commerciale était à mourrir de rire du genre "naturellement douée pour le dessin...", ce qui était totalement démenti par la qualité des dessins proposés sur le site qui étaient au mieux d'un niveau très "lycéen".

Ensuite la dénomination "Tatouage professionnel à domicile"... un peu comme "dentiste professionnel à domicile" ou "gynécologue professionnel à domicile", juste une très grosse abérration, car le tatouage, comme toute discipline touchant à l'être humain et engendrant des risques de contamination, nécessite un local décontaminé. Je me vois mal tatouer quelqu'un sur la table de sa cuisine ou du salon, sachant les risques d'infection liés, entre autres, à la présence d'animaux domestiques, de nourriture ou autres éléments allergènes ( ex : risques de toxoplasmose liés aux chats ). A moins de passer plusieurs heures avant la séance à virer les meubles puis à stériliser la piéce, cela me semble un pari bien risqué... Quant au mot "professionnel", théoriquement il va de soi ; tatoueur amateur, je ne connais pas, sauf à voir de temps en temps débarquer dans mon studio leurs victimes, pour du recouvrement.

Enfin, et c'était la cerise sur le gateau, cette personne se vantait de disposer du "seul diplôme officiel de tatouage en France" ! Là on passe dans la catégorie de mensonge supérieure, car le tatouage étant une activité non réglementée au jour ou j'écris ces lignes, aucun diplôme national n'existe, et on n' en verra probablement pas avant un certain temps.

Il est intéressant de noter que le site a été depuis amendé et que les textes et les mensonges ont fondu comme neige au soleil, peut-être un accès d'honnêteté ou la démarche d'un collègue moins diplomate.

Amis clients si vous tombez sur du pipeau de compétition de ce genre, fuyez !
En tatouage, la seule garantie de qualité, c'est le travail effectué, le client est seul juge.

29 août 2006

Hygiène

Une hirondelle qui fait l'automne...

J'ai un petit rituel, lorsque je tatoue qui consiste à ouvrir les emballages stériles devant les clients, et à casser les aiguilles toujours devant les clients après le tattoo. C'est assez drôle que souvent l'on me fasse remarquer que cela va de soi et que l'on me fait confiance...

Erreur !

Si je fais ce petit cérémonial à chaque séance c'est que ce qui peut sembler normal et évident pour une clientèle habituée aux standards médicaux actuels ne s'applique pas de facto au monde du tattoo. Si le gars qui m'a formé a passé plus de temps à m'expliquer l'hygiène que le tatouage proprement dit, tous les tatoueurs ne sont pas forcément au fait des pratiques nécessaires à une hygiène garantissant un minimum de risques.

Une amie, aillant travaillé il y a quelques années, un été en bord de mer, chez un tatoueur " de plage", me confiait que les machines, aiguilles comprises étaient mises à tremper le soir dans un seau de javel et réutilisées telles quelles le lendemain. Jusqu'à ce que l'aiguille, trop usée ou tordue, soit remplacée...

Autre exemple, je lisais dans un magazine l'interview d'un tatoueur qui disait souder devant le client le faisceau qu'il allait utiliser sur lui. L'ancienne école a son charme, mais le client en question devait être hyper patient : le temps de passer le faisceau par toutes les étapes de la stérilisation, environ 1 heure et demie à 2 heures ; à moins que cette stérilisation obligatoire n'ait pas eu lieu, auquel cas l'intégralité des substances, bactéries et virus déposés par les différents manipulateurs des aiguilles, de l'usine au studio, en passant par le grossiste et le transporteur, aboutiraient dans la peau dudit cobaye !
Souder soi-même ses aiguilles a ses amateurs, je ne critique pas, même si je pense que, vu les faisceaux indutriels de bonne qualité à bas prix présents sur le marché, c'est un peu une perte de temps. Mais, même faits mains, ils doivent impérativement suivre toutes les étapes de la stérilisation avant utilisation.

Mon dentiste me disait :" Même les meilleurs chirurgiens refilent parfois des maladies à leurs patients en faisant hyper attention, personne n'est à l'abri d'une erreur ; mais ce n'est pas une raison pour faciliter ce type d'accident."

Dermagraphic à la une

Mon très estimé collègue Steeve Saunders fait la une de "tatouage magazine" N°52 sous les couleurs de Dermagraphic Béziers. Une attention amplement méritée, tant le travail de ce petit génie du dermographe valait que l'on s'y attarde.

Formé sous la férule des frères Ferrer, fondateurs du réseau Dermagraphic, l'anglais de service a très tôt démontré un certain don pour les gris. Mais grosso modo, on peut dire que son talent s'étend à tous les styles et toutes les techniques. Si vous passez sur Béziers, faites un détour ! A star is born....

28 août 2006

Originalité

Tora ! Tora ! Tora !

Dans la série "on vit dans un monde formidable", j'ai vu passer au studio des gens que l'un de mes charmants "collègues" avait carrément envoyé ballader. Motif :

"- Je ne fais pas de modèles personalisés, vous prenez ce qu'il y a dans les bouquins ou vous vous barrez !"

Encore un qui a cumulé etudes de psychologie, de commerce et d'Arts plastiques...
Les bouquins de tatouage, c'est super pour voir ce qui se fait, un peu partout dans le monde. C'est sympa aussi de voir des articles sur des studios, voir comment les gens travaillent, dans quel cadre, avec quel matériel, quelles techniques.

Mais quand on parle des motifs de tattoos des bouquins de tatouage, il ne faut jamais oublier que chaque magazine tire à des milliers d'exemplaires, et chaque exemplaire est lu par une dizaine de personnes. Conclusion : chaque modèle que vous allez croiser dans ces bouquins a déjà été piqué plusieurs fois.

Dans ma ville il existe un tribal (!), un modèle de bas de dos avec une tête de cheval, que j'ai vu, de mes yeux sur 5 personnes différentes. Le même, au pixel près. Sachant que l'une de ses personnes est venue se le faire retoucher au studio, à cause d'une exécution baclée, et que le gars qui lui a fait lui a assuré que le dessin était original et fait spécialement pour elle...
Même chose pour un modèle de dragon tribal...etc

La meilleure façon d'avoir un tatouage original c'est :
a/ Se le faire dessiner devant soi. (ce que je fais 80% du temps)
b/ Venir avec un dessin original (ou une photo) venant d'un suppport étranger au tattoo : BD, livre d'art...
c/ Le dessiner soi-même.

c'est aussi la meilleure façon d'avoir une pièce qui vous correspond vraiment.

26 août 2006

Rigolons un peu... (encore)

L'âme des guerriers.

Une femme rentre dans ma boutique, la quarantaine plutôt aisée, bien de sa personne, se plante devant les magasines et feuillète 2 ou 3 revues. Je m'approche :
"- bonjour, je peux vous renseigner ?
- Oui, je voudrais un tatouage.
- ( sourire poli )
- J'aurai voulu savoir ce que vous pouvez me proposer.
- Vous n'avez pas une idée de ce que vous cherchez ?
- Non, j'aurai voulu savoir ce qui se fait en ce moment..."

Un tatouage n'est pas un accessoire de mode : c'est un engagement à vie.

Dans un autre genre, une des première questions posées surtout par les jeunes :
"- Et ça s'enlève facilement ?" ou
"- Le laser, ça fait mal ?"

Va faire un henné !!!

25 août 2006

Légendes urbaines

Tête de mort !

Il y a quelques temps, dans un magazine féminin, une batterie de conseils pour le choix d'un tatoueur était jetée en pature aux lectrices novices.
Des trucs de bons sens pour la plupart : se renseigner sur sa réputation, demander à voir des travaux récents, demander à voir le matériel de stérilisation, le local, regarder l'hygiène du tatoueur... Jusque là rien que de très naturel, des conseils qui pourraient s'appliquer au choix de presque n'importe quel artisan.

Cependant au milieu de cette marée de sens commun, un élément retint particulièrement mon attention :

"Un bon tatoueur a un planning rempli sur plusieurs mois, donc un bon tatoueur ne pourra pas vous prendre avant un certain temps."

Bon, je ne sais pas qui a écrit cette annerie, mais il aurait fallu continuer dans le bon sens et éviter de dire n'importe quoi ! Peut être que sur Paris, ou dans les grandes villes, les meilleurs tatoueurs ont 6 mois bookés à l'avance, mais si je me réfère à ma petite ville de province, la situation est toute autre. Déjà, il faut prendre en considération la surpopulation professionnelle du secteur. 25 tatoueurs pour 100 000 habitants : ça fait beaucoup !

Ensuite, l'un de mes confrères, qui a peut-être lu l'article, se serait vanté d'être le meilleur parce qu'il a une liste d'attente phénoménale ; seulement, il n'est ouvert que 4 heures par jour, dont la moitié reservée au piercing... facile dans ces conditions de diluer son planning dans le temps ! Dans mon cas il m'est arrivé de rester 10 heures d'affilée au studio, ce qui permet de descendre les rendez-vous à une cadence nettement plus élévée. Donc d'être plus rapidement disponible.

Ensuite les tarifs, quant on fait du piquage à 20 Euros, on peut brasser du monde ; faudra seulement m'expliquer comment on arrive à faire rentrer là dedans les côuts de plus en plus élévés des standards d'hygiène.....

Enfin il y a ceux qui piquent n'importe qui n'importe comment : la semaine dernière une gamine de 13 ans est venue me montrer le tatouage qu'elle s'était fait faire pendant les vacances... 13 ans : rien que l'idée qu'on puisse piquer si jeune me donne envie de gerber !

Quant à affirmer qu'on est bon, j'ai toujours pensé que c'est plutôt à la clientèle de juger.

24 août 2006

La meilleure de l'année


Oh les jolies cerises !

Il y a quelques temps, une demoiselle vient me voir au studio pour me demander un avis sur un tatouage qu'elle s'était fait faire quelques mois plus tôt.
L'oeuvre était de bas niveau, le motif assez laid et l'exécution minable, mais ce qui sautait le plus aux yeux c'était le relief ; je lui fais remarquer qu'elle a été tatouée en braille et elle me répond:

" le tatoueur m'a dit que c'est une nouvelle technique pour obtenir du relief."

Si vous n'y connaissez rien en tatouage, sachez qu'un tatouage bien réalisé ne présente que très rarement de reliefs, la plupart du temps une fois la cicatrisation terminée, la peau reste lisse .
Un relief signifie que :
a/ la peau a été brulée
b/ la peau a été traumatisée (ouverte)
c/ pas de bol, vous appartenez aux 0,01% de personnes qui cicatrisent en relief.
d/ vous avez fait n'importe quoi durant la cicatrisation, plage, mer, piscine, acide chlorydrique, gros sel.....

Il n'existe aucune technique de tatouage impliquant un relief volontaire : autrement on appelle cela de la scarification.

Elvis lives !


Dead Elvis !

Ben, y avait un gars qui pouvait plus piffrer l'lvis qu'il avait tatoué sur le biceps. Et là je récupère la banane d'origine et je lui colle un tête de mort de l'enfer en dessous, plus une petite banderolle pour cacher le costar à paillettes... et hop, Elvis ad patres ! Avouez qu'il faut le trouver le visage sous le squelette... Rock n' Roll will rise again !

La saison redémarre !


Petite tête de mort Mex : pur Rock n'Roll

Après l'été, la saison ennemie absolue du tattoo, arrive l'automne, la saison de la chasse, celle où l'on re-sort les aiguilles et où la peau fraîche se repointe à l'orée du bois.
Pas de mer, pas de plage, pas de piscine. Minimum 10 jours.
Ben faut dire que sauf pour choper une infection ou perdre des couleurs, c'est la règle d'Or d'une cicatrisation "pépère"!

A part bien sûr si l'on veut cicatriser en relief, ou se crréer des trous dans le dessin, ou faire un joli abscès sous l'encre.

Hello

Je crée ce blog pour les amateurs de tatouage, ceux qui comptent en faire un un jour, et les autres.
Je compte essayer de le mettre à jour de temps à autre si le temps me le permet !