29 août 2006

Hygiène

Une hirondelle qui fait l'automne...

J'ai un petit rituel, lorsque je tatoue qui consiste à ouvrir les emballages stériles devant les clients, et à casser les aiguilles toujours devant les clients après le tattoo. C'est assez drôle que souvent l'on me fasse remarquer que cela va de soi et que l'on me fait confiance...

Erreur !

Si je fais ce petit cérémonial à chaque séance c'est que ce qui peut sembler normal et évident pour une clientèle habituée aux standards médicaux actuels ne s'applique pas de facto au monde du tattoo. Si le gars qui m'a formé a passé plus de temps à m'expliquer l'hygiène que le tatouage proprement dit, tous les tatoueurs ne sont pas forcément au fait des pratiques nécessaires à une hygiène garantissant un minimum de risques.

Une amie, aillant travaillé il y a quelques années, un été en bord de mer, chez un tatoueur " de plage", me confiait que les machines, aiguilles comprises étaient mises à tremper le soir dans un seau de javel et réutilisées telles quelles le lendemain. Jusqu'à ce que l'aiguille, trop usée ou tordue, soit remplacée...

Autre exemple, je lisais dans un magazine l'interview d'un tatoueur qui disait souder devant le client le faisceau qu'il allait utiliser sur lui. L'ancienne école a son charme, mais le client en question devait être hyper patient : le temps de passer le faisceau par toutes les étapes de la stérilisation, environ 1 heure et demie à 2 heures ; à moins que cette stérilisation obligatoire n'ait pas eu lieu, auquel cas l'intégralité des substances, bactéries et virus déposés par les différents manipulateurs des aiguilles, de l'usine au studio, en passant par le grossiste et le transporteur, aboutiraient dans la peau dudit cobaye !
Souder soi-même ses aiguilles a ses amateurs, je ne critique pas, même si je pense que, vu les faisceaux indutriels de bonne qualité à bas prix présents sur le marché, c'est un peu une perte de temps. Mais, même faits mains, ils doivent impérativement suivre toutes les étapes de la stérilisation avant utilisation.

Mon dentiste me disait :" Même les meilleurs chirurgiens refilent parfois des maladies à leurs patients en faisant hyper attention, personne n'est à l'abri d'une erreur ; mais ce n'est pas une raison pour faciliter ce type d'accident."

Dermagraphic à la une

Mon très estimé collègue Steeve Saunders fait la une de "tatouage magazine" N°52 sous les couleurs de Dermagraphic Béziers. Une attention amplement méritée, tant le travail de ce petit génie du dermographe valait que l'on s'y attarde.

Formé sous la férule des frères Ferrer, fondateurs du réseau Dermagraphic, l'anglais de service a très tôt démontré un certain don pour les gris. Mais grosso modo, on peut dire que son talent s'étend à tous les styles et toutes les techniques. Si vous passez sur Béziers, faites un détour ! A star is born....

28 août 2006

Originalité

Tora ! Tora ! Tora !

Dans la série "on vit dans un monde formidable", j'ai vu passer au studio des gens que l'un de mes charmants "collègues" avait carrément envoyé ballader. Motif :

"- Je ne fais pas de modèles personalisés, vous prenez ce qu'il y a dans les bouquins ou vous vous barrez !"

Encore un qui a cumulé etudes de psychologie, de commerce et d'Arts plastiques...
Les bouquins de tatouage, c'est super pour voir ce qui se fait, un peu partout dans le monde. C'est sympa aussi de voir des articles sur des studios, voir comment les gens travaillent, dans quel cadre, avec quel matériel, quelles techniques.

Mais quand on parle des motifs de tattoos des bouquins de tatouage, il ne faut jamais oublier que chaque magazine tire à des milliers d'exemplaires, et chaque exemplaire est lu par une dizaine de personnes. Conclusion : chaque modèle que vous allez croiser dans ces bouquins a déjà été piqué plusieurs fois.

Dans ma ville il existe un tribal (!), un modèle de bas de dos avec une tête de cheval, que j'ai vu, de mes yeux sur 5 personnes différentes. Le même, au pixel près. Sachant que l'une de ses personnes est venue se le faire retoucher au studio, à cause d'une exécution baclée, et que le gars qui lui a fait lui a assuré que le dessin était original et fait spécialement pour elle...
Même chose pour un modèle de dragon tribal...etc

La meilleure façon d'avoir un tatouage original c'est :
a/ Se le faire dessiner devant soi. (ce que je fais 80% du temps)
b/ Venir avec un dessin original (ou une photo) venant d'un suppport étranger au tattoo : BD, livre d'art...
c/ Le dessiner soi-même.

c'est aussi la meilleure façon d'avoir une pièce qui vous correspond vraiment.

26 août 2006

Rigolons un peu... (encore)

L'âme des guerriers.

Une femme rentre dans ma boutique, la quarantaine plutôt aisée, bien de sa personne, se plante devant les magasines et feuillète 2 ou 3 revues. Je m'approche :
"- bonjour, je peux vous renseigner ?
- Oui, je voudrais un tatouage.
- ( sourire poli )
- J'aurai voulu savoir ce que vous pouvez me proposer.
- Vous n'avez pas une idée de ce que vous cherchez ?
- Non, j'aurai voulu savoir ce qui se fait en ce moment..."

Un tatouage n'est pas un accessoire de mode : c'est un engagement à vie.

Dans un autre genre, une des première questions posées surtout par les jeunes :
"- Et ça s'enlève facilement ?" ou
"- Le laser, ça fait mal ?"

Va faire un henné !!!

25 août 2006

Légendes urbaines

Tête de mort !

Il y a quelques temps, dans un magazine féminin, une batterie de conseils pour le choix d'un tatoueur était jetée en pature aux lectrices novices.
Des trucs de bons sens pour la plupart : se renseigner sur sa réputation, demander à voir des travaux récents, demander à voir le matériel de stérilisation, le local, regarder l'hygiène du tatoueur... Jusque là rien que de très naturel, des conseils qui pourraient s'appliquer au choix de presque n'importe quel artisan.

Cependant au milieu de cette marée de sens commun, un élément retint particulièrement mon attention :

"Un bon tatoueur a un planning rempli sur plusieurs mois, donc un bon tatoueur ne pourra pas vous prendre avant un certain temps."

Bon, je ne sais pas qui a écrit cette annerie, mais il aurait fallu continuer dans le bon sens et éviter de dire n'importe quoi ! Peut être que sur Paris, ou dans les grandes villes, les meilleurs tatoueurs ont 6 mois bookés à l'avance, mais si je me réfère à ma petite ville de province, la situation est toute autre. Déjà, il faut prendre en considération la surpopulation professionnelle du secteur. 25 tatoueurs pour 100 000 habitants : ça fait beaucoup !

Ensuite, l'un de mes confrères, qui a peut-être lu l'article, se serait vanté d'être le meilleur parce qu'il a une liste d'attente phénoménale ; seulement, il n'est ouvert que 4 heures par jour, dont la moitié reservée au piercing... facile dans ces conditions de diluer son planning dans le temps ! Dans mon cas il m'est arrivé de rester 10 heures d'affilée au studio, ce qui permet de descendre les rendez-vous à une cadence nettement plus élévée. Donc d'être plus rapidement disponible.

Ensuite les tarifs, quant on fait du piquage à 20 Euros, on peut brasser du monde ; faudra seulement m'expliquer comment on arrive à faire rentrer là dedans les côuts de plus en plus élévés des standards d'hygiène.....

Enfin il y a ceux qui piquent n'importe qui n'importe comment : la semaine dernière une gamine de 13 ans est venue me montrer le tatouage qu'elle s'était fait faire pendant les vacances... 13 ans : rien que l'idée qu'on puisse piquer si jeune me donne envie de gerber !

Quant à affirmer qu'on est bon, j'ai toujours pensé que c'est plutôt à la clientèle de juger.

24 août 2006

La meilleure de l'année


Oh les jolies cerises !

Il y a quelques temps, une demoiselle vient me voir au studio pour me demander un avis sur un tatouage qu'elle s'était fait faire quelques mois plus tôt.
L'oeuvre était de bas niveau, le motif assez laid et l'exécution minable, mais ce qui sautait le plus aux yeux c'était le relief ; je lui fais remarquer qu'elle a été tatouée en braille et elle me répond:

" le tatoueur m'a dit que c'est une nouvelle technique pour obtenir du relief."

Si vous n'y connaissez rien en tatouage, sachez qu'un tatouage bien réalisé ne présente que très rarement de reliefs, la plupart du temps une fois la cicatrisation terminée, la peau reste lisse .
Un relief signifie que :
a/ la peau a été brulée
b/ la peau a été traumatisée (ouverte)
c/ pas de bol, vous appartenez aux 0,01% de personnes qui cicatrisent en relief.
d/ vous avez fait n'importe quoi durant la cicatrisation, plage, mer, piscine, acide chlorydrique, gros sel.....

Il n'existe aucune technique de tatouage impliquant un relief volontaire : autrement on appelle cela de la scarification.

Elvis lives !


Dead Elvis !

Ben, y avait un gars qui pouvait plus piffrer l'lvis qu'il avait tatoué sur le biceps. Et là je récupère la banane d'origine et je lui colle un tête de mort de l'enfer en dessous, plus une petite banderolle pour cacher le costar à paillettes... et hop, Elvis ad patres ! Avouez qu'il faut le trouver le visage sous le squelette... Rock n' Roll will rise again !

La saison redémarre !


Petite tête de mort Mex : pur Rock n'Roll

Après l'été, la saison ennemie absolue du tattoo, arrive l'automne, la saison de la chasse, celle où l'on re-sort les aiguilles et où la peau fraîche se repointe à l'orée du bois.
Pas de mer, pas de plage, pas de piscine. Minimum 10 jours.
Ben faut dire que sauf pour choper une infection ou perdre des couleurs, c'est la règle d'Or d'une cicatrisation "pépère"!

A part bien sûr si l'on veut cicatriser en relief, ou se crréer des trous dans le dessin, ou faire un joli abscès sous l'encre.

Hello

Je crée ce blog pour les amateurs de tatouage, ceux qui comptent en faire un un jour, et les autres.
Je compte essayer de le mettre à jour de temps à autre si le temps me le permet !