23 novembre 2006

Les consignes....

Fier d'être papa!

Bon, on va dire "ouh le méchant, il fait qu'a dire du mal des collègues". Et là je m'inscrit en faux, puisqu'un grand nombre de mes très estimés collègues sont d'honnètes artisans, fiers et intègres, pratiquant, avec l'amour du travail bien fait, ce merveilleux métier. ( et la on va dire "ouh il fait de la lèche", et "on" n'a qu'à savoir ce qu'on veut...).

Car toi aussi, ami client tu n'es parfois pas aussi blanc que la blanche colombe qui souvent est un peu grise.

Parmis les tatoués se glissent parfois de noires brebis dont le but secret est de conquérir le monde en commençant par agresser d'innocents tatoueurs :

a/ Les chimiques : la sueur est une sécrétion naturelle dont l'odorant fumet n'épargne ni le tatoué, ni son boureau : le tatoueur. A condition qu'elle soit fraiche, nous la considérerons comme un aléa supportable de cette promiscuité temporaire que provoque l'art dermagraphique.
Là où le bât blesse, c'est lorsque l'on se trouve confronté à un cru millésimé dont le savon n'a tangiblement pas altéré la puissance depuis un certain temps. Un client a avoué à l'un de mes collégues ne prendre qu'une douche par semaine...
A ranger dans la famille des "Je me lave les dent au Munster" et autres "Qu'il était bon, ce cassoulet à midi".

b/Les jemenfoutistes : votre tatoueur va vous donner un certain nombre de conseils avant, pendant et après le tatouage. Il sait de quoi il parle (en théorie) et ses conseils on pour but d'obtenir un tatouage de bonne facture et proprement cicatrisé.
- Ne pas boire ou "fumer" la veille d'un tatouage : autrement c'est bain de sang pour tout le monde.
- Ne pas s'exposer au soleil, ni à l'eau de mer ou de piscine pendant une durée donnée.
- Utiliser la crème recommendée par le tatoueur...etc

Et non pas, comme je l'ai déjà vu, en un seul cas, se prendre un caisse la veille, fumer un pétard en se baignant dans une piscine en plein mois d'Aoùt, en plein soleil, 1 heure après un gros maori, et enfin ne pas appliquer le moindre produit pendant la cicatrisation... et se retrouver avec une croute de la taille d'une pizza royale, qui céde naturellement la place à un gruyère à trous blancs.
Tout cela pour venir me trouver pour me dire que le collègue auteur du tattoo a mal bossé, et me demander de rattrapper l'ensemble.

c/ Les "on m'a dit" : Les conseils de votre tatoueur sont les seuls qui sont dignes de foi pour votre tatouage (à part les dermatos ou les médecins qui, eux, maitrisent le support). Si je dis "telle pommade", il faut impérativement utiliser ce produit pas un autre. Genre "on m'a dit " que telle pommade marche mieux ou plus vite... On m'a dit d'en mettre plus, ou moins, en épaisseur, plus longtemps... et on revient me voir avec des croutes longue durée ou une cicatrisation hyper lente.

"on" dit souvent des carabistouilles...

Moralité : écoutez votre tatoueur !

La collection s'allonge !

Old skool rocks !

Vous aimez les coquilles de tatoueurs ? En voilà une qui réjouira les plus insensibles d'entre vous. Comme souvent par les temps qui courrent, une charmante demoiselle vient en ma modeste boutique pour faire rattraper une erreur de jeunesse. Un bidule de piètre facture dont visiblement j'avais su juger l'ostensible médiocrité, puisqu'en raison de l'air aterré que j'arborais à la vue du chef d'oeuvre, la jouvencelle s'empressa de m'expliquer ceci :

"J'avais vu que le calque ne correspondait pas à l'original et n'était pas à la bonne taille, et, quand je l'ai fait remarquer au tatoueur, celui-ci m'a repondu qu'il était hors de question de refaire la calque, que c'était trop tard et qu'il le piquerait dans l'état..." ...ce qu'il fit (malheureusement).

Tant que l'encre n'est pas dans la peau, tout est modifiable ! Le tatoueur que vous avez en face de vous a suffisament consience du caractére définitif du tatouage pour refaire si besoin le calque ou le repositionner : il vaut mieux perdre 10 minutes plutôt que 10 centimètre carrés de peau. Autrement vous ètes chez la mauvaise personne !

Je ne vais bien-sùr pas vous conseiller de chercher systématique la petite bête et faire refaire 10 fois son calque au malheureux, mais il m'est arrivé parfois de reposer 3 ou 4 fois un calque jusqu'à satisfaction du client. Le tatouage est mobile tant qu'il n'est pas encré... après c'est trop tard... et définitif.

Mais seulement à ce moment là.

Et si par malheur la personne en face de vous se refuse à écouter votre requète, c'est que visiblement elle est plus interessée par le contenu de votre portefeuille que par la satisfaction que vous retirerez de votre tatouage. C'est peut-être l'heure de vous rhabiller et de quitter les lieux, avant d'hériter d'une tache de naissance en plus... en moins joli.


02 novembre 2006

La rumeur....

Aiguisé comme une lame, pointu comme un couteau...

Blah, blah,blah.... s'il est un milieu où la parlotte tient lieu de presse à scandale c'est bien le tatouage. "on m'a dit que...", "il parait que..." "à ce qu'il parait..." et vogue la galère de la vox populi.

"On m'a dit du mal de vous..." m'avoue une cliente pas plus tard qu'aujourd'hui, "mais je suis venue quand même" ( l'intelligence et l'indépendance restent les meilleures armes contre le ragot.). "Une relation m'a dit qu'une amie lui aurait dit que vous l'avez mal tatouée..." me confesse-t-elle avant de repartir satisfaite de son nouveau tattoo. OK, je ne suis pas infaillible, et la marge d'erreur, même faible, qui est inhérente à cette activité est réelle.

Jusque-là , la voix de la rue avait plutôt charmé mes oreilles... et mon planning. Mais là ça me turlupine : j'ai un penchant naturel type Bisounours : j'aime pas qu'on m'aime pas ; doublé d'une conscience professionnelle parfois obcessionnelle.

Cependant, il me semble que la première personne à qui s'adresser en cas de mécontentement c'est le présumé"fautif", donc mon humble personne. Et à ce jour, les rares cas d'insastifaction, souvent liés à une cicatrisation difficile, ont toujours étés réglés au plus grand bonheur des deux parties par quelques passages de machine. J'ai toujours dit qu'un tatouage est fini quand le client en est légitimement satisfait... et comme j'ai la fâcheuse tendance à faire ce que je dis...

Cela, c'est si l'information est vérifiée...ce qui est rarement le cas.

Outre toutes les légendes urbaines, déjà abordées dans ce blog, sur les encres fluo ou métal, les tatouages semi-permanents, et la cicatrisation au lait de femme enceinte (si si !), une grande partie des ragots arrivant aux oreilles d'un tatoueur concernent... les autres tatoueurs et parfois même sa propre personne, en l'occurence moi.

1/ "Je vais fermer, j'ai fermé, on va tous fermer", ça c'est la rumeur standard : "on m'a dit que X va fermer". Il y a même ce collègue qui en rentrant de 2 mois de vacances dans les îles a appris que selon la rumeur il avait passé cette période en prison ! Cet autre collègue qui fait des travaux dans son salon a bouffé du "il est fermé" durant toute la durée du chantier, alors que pendant ce temps il continuait a travailler à l'étage.

2/ Une autre catégorie de rumeur concerne les pratiques professionnelles :" untel perce les nombril au pistolet", "tel autre utilise les mêmes aiguilles toute la journée", "machin travaille avec une bière à la main"... la seule antidote reste la vérification en personne. Si quelqu'un s'approche de vous avec un pistolet dans l'intention de vous percer autre chose qu'une oreillle (et encore), n'ouvre pas une aiguille neuve devant vous avant la scéance, ou sent l'alcool avant un acte : FUYEZ.

3/ La catégorie la plus insidieuse reste le :" tel tatoueur a dit ça de toi". Et là c'est très simple à démonter, car dans ce cas, je décroche mon téléphone et j'appelle le gars pour vérifier. Il n'y a pas très longtemps j'ai eu la cas du "tel tatoueur a dit que tu fermais"; or il se trouve que c'est un collègue avec lequel j'entretiens de bons rapports... diantre, surprise !!! Donc je l'appelle et obtiens de l'interressé un démenti formel, auquel je crois d'autant plus que je le connais. En plus, lui avait eu le droit au "fermé pour travaux". Ragots, ragots, ragots...

Quand on me demande mon avis sur un collègue, la plupart du temps j'évite le sujet... ça évite les embrouilles. Quand on me demande mon avis sur un tattoo... j'en fait un blog ( cf Faux-cuisme diplomatique). Quant à ceux qui créent ou diffusent les rumeurs, c'est leur karma, pas le mien... on se reverra en Enfer !

Quant à la qualité du travail de chacun : jugez sur pièces.