28 janvier 2008

Notoriété

La plupart de ceux que le tatouage intéresse connaissent ce nom : Stéphane Chaudesaigues. C'est probablement, à juste titre, le tatoueur français le plus connu hors de nos frontières ; un peu au monde du tattoo ce que Bocuse est à celui de la gastronomie hexagonale.

Si demain Bocuse se fait poignarder, il est à peu près certain que le 20h de TF1 en fera son gros titre, au moins de la journée. Si en plus, celui qui tient le couteau est un représentant de l'état, je pense que la presse en ferait très certainement ses choux-gras et que notre très estimé président en parlerai dans le genre :" nous allons faire la lumière sur cette affaire et châtier sévèrement le coupable de l’agression...etc".

Sauf que ce n'est pas Bocuse, mais Chaudesaigues qui s'est fait larder... Mercredi 9 Janvier à Perpignan (tiens c'est chez moi !).

Et le silence des médias nationaux est, comme le veut l'expression consacrée, assourdissant.

L’enquête est en cours et les responsabilités encore à préciser, mais on m'a toujours appris que celui qui, dans une bagarre de rue, sort une arme, c'est lui le méchant. Pratiquer le noble art du pugilat sur la voie publique n'est pas, certes, un acte responsable, louable ou réfléchi ; mais tant qu'on en reste au poings les dégâts restent en général limités, et les conséquences juridiques rares.

Il semblerait que le joueur de couteau ait pris peur en voyant la carrure de M. Chaudesaigues et ait attrapé ce qui lui tombait sous la main pour se défendre... en l’occurrence un cran d'arrêt. Nombreux sont les français qui sur eux portent une lame : Opinel ou laguiole, cela fait partie de nos coutumes, "la b**e et le couteau" comme on dit chez nous. Mais que faisait un cran d’arrêt, arme réputée des blousons noirs et des marlous, dans le vide poche d'un fonctionnaire de haut rang ? Comment justifier de l'usage de cette arme au simple motif que votre adversaire est visiblement beaucoup plus fort que vous ? Si dans la boîte à gants de ce monsieur il y avait eu un 357, notre métier serait orphelin de l'un des ses plus fiers représentants ? Et ce serait normal ?

Quand votre adversaire est visiblement au dessus de votre catégorie, vous tentez la voie diplomatique ou le repli stratégique, pas la bombe nucléaire , surtout pour une banale algarade entre automobilistes.

Car la raison de cette altercation est loin d'être vitale et indispensable : un histoire de voitures, d'impatience et de place de parking. Non, M.Chaudesaigues n'a pas violé la femme de cet irascible fonctionnaire, cambriolé son domicile ou écrasé son chien... juste roulé un peu trop lentement au gout de son agresseur. Cela justifie t-il le comportement de ce dernier ? Un représentant de l'état de ce niveau qui affiche ce type de comportement est-il à sa place dans la fonction qu'il occupe ?

C'est désormais à la justice de le dire...
pendant que les médias cultivent leur silence.


http://www.stephanechaudesaigues.com