12 février 2008

Anesthésie


Anesthésie, que voilà un mot qui revient souvent à mes oreilles ! Un mot qui n'a rien à voir avec le monde du tatouage mais avec celui de la médecine... à juste raison.

Ce matin j'avais donné rendez-vous à un client pour lui faire des retouches. Jusque là rien de bien particulier, sauf que ce dernier, avec un petit sourire gêné, m'avoue au dernier moment avoir utilisé de la pommade anesthésiante, et là, je ne suis plus d'accord ! Je lui ai donc demandé d'attendre 1 heure que les effets du produit se dissipent avant de le piquer.

Car non, je ne tatoue pas une peau anesthésiée. Suis-je donc sadique ("lui, il va payer sa mère !"), ou réactionnaire ("le tatouage comme l'accouchement : dans la douleur !") ou juste chiant ?

Rien de tout cela, prenons le problème à la racine :

1/ Je suis tatoueur, pas médecin, je n'ai donc pas le droit de pratiquer une anesthésie (logique). Soit dit en passant la pommade la plus souvent utilisée dans ce type de cas n'est, en théorie, délivrée que sur ordonnance (du médecin, encore lui!), ce à quoi nombre de pharmaciens passent outre, par bienveillance ou juste par appât du gain. Comment suis-je supposé savoir, humble artisan encreur que je suis, les effets indésirables de tel ou tel médicament? et les allergies possibles de la part du client ?

2/ l'anesthésie endort la peau : c'est fait pour ! Ça ne dure que 20 à 30 minutes, donc de toute façon, largement insuffisant pour la plupart des tattoos (je le sais, je l'ai essayée quand je me suis fait faire le ventre -lol-). Maintenant un peau endormie prend moins bien l'encre, donc soit on prend plus de temps, soit on appuie plus; ce qui m'amène au point 3 :

3/ De nombreux tatouages avec chéloïdes (cicatrisation en relief) que j'ai eu l'occasion de croiser ont été réalisés sous anesthésie locale : facile, le client ne sent rien alors on bourrine , on brule, on découpe la peau ! Un tatoueur qui propose un coup de pommade anesthésiante avant de tatouer est plus probablement un charcutier qu'un artiste du métier, et un hors la loi qui plus est. Donc méfiance. Il est plus difficile de gérer les sensations et la résistance de son client et de s'adapter à son rythme, que de lui mettre un tartine de pommade et d'y aller comme une brute !

En résumé : un tatouage ce n'est pas ce que vous vivrez de plus douloureux dans votre longue et heureuse existence donc plutôt que mettre n'importe quoi sur votre peau pour aller voir un boucher, allez-y zen, relax, laissez-vous faire et ça passera tout seul.