30 juillet 2008

Le juste prix !

Aujourd'hui, je vais vous entretenir d'un fléau moderne qui pourri la vie de nous autres artisans dermographes : le marchandage !

Question corollaire : combien coûte un tatouage ?

A part le tarif plancher de 50€?

On m'a déjà demandé pourquoi il n'y a pas de tarif affiché dans mon magasin : tout simplement parce que cela relève de l'impossible absolu ! Il faudrait arriver à définir un algorithme permettant de quantifier la complexité technique d'un motif et la mettre en parallèle avec le type de peau du client, l'endroit du corps et la surface totale du dessin, sans oublier une équation prenant en compte la sensibilité de sa peau par rapport à la quantité d'endorphine secrétée par le client, son endurance et sa patience. En plus, un dernier facteur lié au tatoueur lui-même : le talent, de facto objectivement inquantifiable...

Autrement dit un tarif de tatoueur ressemblerait à un horaire SNCF écrit par un savant fou : 9000 pages de tableaux avec de tous petits chiffres. Il faudrait ajouter un paragraphe sur les facteurs psychologiques qui peuvent rendre tel ou tel tatoueur financièrement plus indulgent sur des chantiers plus intéressants, ou a contrario...

C'est pour cela que seul le praticien de l'Art sait quel prix attribuer à tel ou tel travail.

Et c'est pour cela que ce tarif est intrinsèquement indiscutable.

...Et c'est au moment de donner ce tarif, que parfois, le prospect se rebiffe d'un :

"on m'a proposé moins cher ailleurs"

La phrase qui tue. La phrase la plus stupide que l'on puisse prononcer dans un studio de tatouage, celle qui signifie que celui qui la prononce n'a rien compris au métier de tatoueur, ou ne connais pas celui qu'il a en face de lui... Ou le traditionnel renfrognement : "c'est un peu cher!", "je ne comptais pas y mettre autant..." et tatati et tatata...

Bon, on n'est pas chez Darty, on ne parle pas d'une machine à laver ou d'un radio réveil... Les prix fixés par un concurrent m'intéressent à peu près autant que la reproduction des amibes dans l'intestin grêle des éléphants nains du pôle nord : c'est dire! Je vais le redire encore une fois:

"mille tatoueurs = mille méthodes différentes"

Quant à l'argument économique, je vis dans le même pays que mes clients, ce magnifique pays où les gens qui travaillent se font saigner comme des porcs chez Justin Bridou. Donc je sais que le prix d'un tatouage n'est pas une sinécure, et que souvent cela représente une somme importante pour un budget standard, ce que j'essaie de prendre en compte dans la mesure du possible.

Mais sans vous refaire le couplet habituel sur la pression fiscale, l' URSSAFF et tous les autres, il reste un argument massif : je n'oblige personne à franchir le pas de ma porte, ni a m'apporter son argent, et encore moins à passer sous mes aiguilles.

Mon travail a un prix, que je fixe selon des paramètres qui me sont propres, le respecter c'est respecter mon travail. Point barre.

22 juillet 2008

Freestyle : un exemple

Je vous entretenais, recemment, des joies du freestyle, voici quelques exemple de réalisations sur ce principe.
D'abord le croquis...
Cette étape n'est pas la première du "chantier" : en amont, une bonne discussion avec le client permet de définir exactement la direction à prendre pour le style, la taille, les détails. Ensuite on passe en mode "marqueur", de façon à obtenir un dessin proche du volume final du tatouage.



Ensuite on attaque le tracé.
Là commence la véritable aventure ! sachant que le tracé d'un dermographe est nettement plus précis que celui d'un marqueur, il faut savoir conserver l'esprit et les proportions du projet, tout en n'en effaçant le moins possible l'ébauche.


Et voilà le travail !