04 août 2008

Mélange des genres...

Le décret n° 2008-149 du 19 février 2008 règlemente les pratiques du tatouage et du piercing. Et déjà, rien que dans cette phrase apparait cette énormité, ce contre-sens absolu : associer jusqu'à les confondre tatouage et piercing. Pourquoi pas faire un décret réglementant à la fois cancérologie et cerf-volant ou l'industrie nucléaire et la guimauve artisanale...

Bon, certains me diront que beaucoup de tatoueurs font des trous pour arrondir leur fin de mois, et que certains perceurs font des gribouillis cutanés pour la même raison, et que souvent les 2 activités se pratiquent dans le même magasins : certes.

Mais de facto, ces 2 métiers n'ont pratiquement rien en commun, mis à part la nécessité d'une hygiène drastique lors de leur pratique. Les clientèles sont aussi souvent très différentes. Et les actes sont, eux, carrément antithétiques, tant au niveau tangible, que dans leur philosophie.

A ma droite, le tatoueur, son but : le respect absolu de l'intégrité dermique. Son œuvre est définitive et s'inscrit dans la durée, tant pour sa réalisation que pour son existence. Un tatouage ne peut pas s'enlever, sauf exception. ma clientèle est en grande partie entre 30 et 45 ans.

A ma
gauche, le perceur, son but : traverser les chairs. Son œuvre est provisoire et s'inscrit dans l'éphémère, tant pour sa réalisation que pour son existence. Un piercing peut s'enlever, sauf exception. La clientèle de mon perceur est en grande partie entre 16 et 25 ans.

Il serait donc temps que l'on distingue, que l'on sépare ces 2 forts respectables métiers, tant dans leur traitement médiatique, que juridique.