27 octobre 2008

Styles (1) : Le "Old school"


Un peu d'histoire :

Le tatouage est un art riche en tendances, styles et traditions; tout cela réparti sur des siècles d'existence, voire des millénaires... 30 000 ans pour être précis, selon certaines études archéologiques basées sur le peintures rupestres. Le chasseur momifié retrouvé dans le glacier de Similaun et daté de 5300 ans avant notre ère porte des marquages simples et stylisés qui constituent les premiers tatouages tangibles trouvés par des archéologues. D'autres ont étés observés sur des momies égyptiennes ou asiatiques.

On sait que certains peuples d'Europe antique et médiévale arboraient des tatouages même si l'obscurantisme religieux qui finit par recouvrir le continent s'accompagna de nombreux interdits à leur égard. Ces interdits survivent encore au sein de certaines communautés, même si les jeunes générations, éducation aidant, y prêtent de moins en moins attention. Le tatouage touche depuis les 2 dernières décennies tous les groupes de la société, quelque soit leur culture, origine ou croyance. Quant à ceux qui nous rabachent que le tatouage est un phénomène de mode, il faudrait leur rappeler qu'il y a de nombreuses probabilités que plusieurs de leurs ancêtres aient été tatoués...




A tout seigneur tout honneur...


En premier, je voudrais aborder le type de tatouage qui est le principal ancêtre du tatouage occidental moderne : le "Old School". Cet anglicisme désigne un type particulier de tatouage "à l'ancienne", plus souvent en réalité inspiré du tattoo début 20e siècle que réellement éxécuté selon les techniques de l'époque.

Les machines, aiguilles et encres ont fait tellement de progrès ces dernières années, que personne ou presque n'utilise plus les vieilles rotatives de l'époque ni de l'encre de stylo bic ou des aiguilles à coudre... enfin j'espère. Par contre les motifs, et leur style, ont gardé un cachet, une authenticité et une esthétique digne d'intérêt. Ligne claire, dégradés du noir vers une couleur primaire, esprit naïf, thématique liée à la vie, l'amour, la mort, la vengeance, la haine... que du grand classique.

Tous les trois mats, les " bonnes étoiles", les ancres (comme popeye), les pin-ups, les crucifix, les têtes de christ, les aigles, les panthères noires, les toiles d'araignées... Modèles indémodables hérités des marins, militaires, légionnaires, bagnards, marlous, et de tous ceux qui donnérent quelques mois de leur vie lors du service militaires !

Aujourd'hui le Oldschool vit une deuxième jeunesse auprès des milieux de la Custom culture, Rockabilly, country voire même goth. Ces motifs intemporels remis au gout du jour ne sont pas prêts de disparaitre grace à leur simplicité, leur force et leur authenticité.

06 octobre 2008

Influences (1) : HR Giger


tous les visuels : copyright HR giger
Le Tatouage n'est pas un art coupé de son temps, ou plutôt ne l'est plus. Longtemps les dermographes se sont contentés de reproductions à la chaine de dessins généralement assez naïfs, simples et sans grand intérêt esthétique ou plastique.

Mais la formidable démocratisation du tatouage, tant au niveau des praticiens que de leur clientèle à permis l'arrivée d'influences beaucoup plus variées et "pointues" que le substrat culturel originellement assez pauvre.

Donc je vais vous proposer une série d'article sur des artistes qui influencent ma pratique ainsi que celle de nombreux autre collègues.

Commençons par un inconnu célèbre : HR Giger.


Hans Rudi (HR) Giger est probablement l'un des artistes les plus influents de la fin du XX ème siècle, probablement aussi l'un des plus méprisés du "milieu" de l'art contemporain, enfin assez peu connu du grand public autrement que par ses collaborations avec, entre autres, l'industrie cinématographique.

Car HR Giger c'est Alien. Pierre angulaire du cinéma de science fiction, premier parmi les chefs d'œuvre oscarisés de Ridley Scott, Alien est surtout l'aboutissement des recherches plastiques de Giger dans un domaine qu'il a inventé : la Biomécanique (ou "le " selon les applications).


La Biomécanique est un avatar tardif du surréalisme, Giger a rencontré Dali dans ses jeunes années. La filiation artistique de son œuvre, très ostensible dans sa genèse, s'affranchira progressivement des codes surréalisme pour établir ses propres règles, son propre univers, qui a depuis fait de nombreux émules.

L'influence de la pensée plastique de Giger est immense. Du cinéma à la littérature, du design à l'architecture en passant par le graphisme et la bande dessinée, l'univers sombre de Giger a contaminé tellement d'aspect des cultures occidentales qu'en faire un inventaire exhaustif s'avèrerait quasiment impossible.


Pilier de l'imaginaire gothique, il est logique que sa démence ai trouvé dans le tatouage une application graphique, sa plastique et son esthétique relevant intrinsèquement du corps et de la chair et y trouvant naturellement leur place. Il suffit de faire une recherche Google sur "giger tatouage" pour constater la diffusion de sa pensée, loin, très loin, du milieu artistique institutionnel qui ne lui a jamais accordé une reconnaissance pourtant largement méritée.

Pour aller plus loin :
Musée HR Giger
Site officiel HR Giger