29 décembre 2008

Et... ça fait mal ?


Finissons l'année avec ce thème si cher à nos cœurs de tatoués (ou futurs tatoués):
La douleur (bouuuuuuh !!)
Ah, si l'on m'avait donné un Euro à chaque fois qu'est revenue à mes oreilles percées cette entêtante question : "ça fait mal ?" !!!

Je me suis déjà exprimé dans ces pages sur l'aversion naturelle qui m'afflige en ce qui concerne les anesthésies dans le petit monde du tattoo, mais il faut bien aborder un fois pour toute la question qui fait mal...

D'abord, contrairement à la constitution française, tout le monde n'est pas égal face aux sensations liées au tatouage. Deux personnes peuvent se faire tatouer au même endroit un motif de taille sensiblement équivalente et le ressentir de façon diamétralement opposée. D'autre part la même personne prise dans différents état (forme ou fatigue, stress ou calme) va réagir différemment à l'acte...

Les conseils pour mieux tolérer la sensation du tattoo sont donc simples :

a/ Pas de pression inutile : personne ne peut prédire ce que vous allez ressentir, donc ceux qui vous disent "tu vas avoir mal" parlent sans savoir; mieux vaut ne pas les écouter. Plus vous serez Zen et mieux cela se passera...

b/ La fatigue est votre ennemie, si vous arrivez reposés il y a plus de chance que vous supportiez mieux le tatouage. Dans le même esprit, un ventre plein vous évitera bien des désagréments...

La réciproque de ces petits conseils est simple : il ne faut pas choisir l'emplacement d'un tattoo en fonction de la douleur supposée que vous devriez ressentir... De toute façon la "douleur" dure le temps de l'acte, le dessin reste "à vie" ! Comme je l'ai déjà dit dans un article précédent, le tatouage n'est pas la sensation la plus désagréable que vous subirez dans votre existence

Soit dit en passant, ce conseil s'applique aussi à la pudeur ; déplacer un dessin pour éviter de dénuder une partie de son corps face au tatoueur est un très mauvais choix : le tatoueur est un professionnel qui voit à peu près toutes les parties du corps humain plusieurs fois par semaine, et qui est là pour faire un joli tattoo, pas pour se rincer l'œil !

Voilà, pour conclure, je dirais que celles qui ont déjà essayé un épilateur électrique ont une petite idée de ce que cela fait de se faire tatouer (et je préfère encore me faire tatouer...) !

10 décembre 2008

Styles (2) : L'inspiration polynésienne



Commençons cet article par une nécessaire mise-au-point : si j'emploie le terme "d'inspiration polynésienne" c'est à dessein ; je ne suis ni de près ni de loin apparenté aux peuples des îles, et donc je ne me permettrai jamais de prétendre exécuter un tattoo polynésien authentique, avec la charge culturelle et religieuse qui lui sont liées (vous voyez la nuance ?). Je me cantonnerai donc à une approche graphique du sujet, qui est déjà suffisamment riche sous cet angle.

A tout seigneur tout honneur, si l'on emploie les termes tatouages ou tattoo, c'est que ce sont des
dérivés étymologiques de "Tatau" mot originaire de polynésie désignant, là-bas, l'art de la dermographie. Même si ce ne sont pas les inventeurs du concept, il faut bien reconnaître que peu de peuples à la surface de notre petite planète ont autant intégré le tatouage à leur culture et à leur civilisation.




Sorti de son contexte ethnique, ce type de tattoo conserve un intérêt graphique certain, ne serait-ce que par la façon dont son agencement permet de mettre en valeur l'anatomie. En soulignant les lignes de force du corps, il permet de définir la musculature ou la carrure, apportant un "plus" esthétique certain. Un vocabulaire graphique riche permet d'obtenir des pièces complexes intéressantes, en évitant la monotonie de certains tatouages de type "tribal".


Une pièce réussie fonctionne sur plusieurs niveaux de lecture, en faisant abstraction du sens, elle doit pouvoir se "lire" de loin, dans son rapport à l'anatomie; puis rester intéressante de plus près, dans l'organisation des signes et figures qui la compose. La gestion du vide et des espaces, la répartition des surfaces noires feront qu'un dessin sera plus ou moins harmonieux ou équilibré; il faut éviter à tout prix la "tâche noire" (dessin trop saturé, pas assez de vides) ou le "plat de spaghetti" (dessin trop complexe ou trop fouillis, manque de lisibilité).


Ceux qui voudront y lier une symbolique pourront se pencher sur des ouvrages tels que "Tatouage polynésien d'hier à aujourd'hui", un livre fort bien documenté, qui constitue une mine d'information sur cet art et son contexte, ainsi qu'une galerie d'exemple d'une rare richesse.


Soit dit en passant, comme pour tout tatouage trouvé dans un livre, un magazine ou sur internet, copier "tel quel" les œuvres présentées est non seulement sans intérêt au niveau originalité,, mais surtout un manque de respect absolu pour leurs propriétaires et leurs créateurs. Par contre cela peut servir de base et d'inspiration à une création novatrice, que votre tatoueur se fera probablement un plaisir de dessiner... Il faut aussi souligner que ce style se prête fort bien au dessin directement à même la peau, ou "freestyle", ce qui permet justement de suivre au plus près les courbes du corps.

Pour aller plus loin :

Site Tahiti Souvenirs