11 février 2009

Influences (3) : Les media


Dans ce petit billet d'humeur, je ne vais pas aborder une influence directe ou le travail d'un artiste mais plus un demi-problème auquel nous autres tatoueurs sommes régulièrement confrontés : le tatouage "médiatique".

Demi-problème car, pour évacuer la partie positive de cette influence, je dois reconnaitre que les media sont un facteur d'intégration sociale du tatouage, de vulgarisation - au sens propre - et de démocratisation de notre art.

Cela dit, combien de fois m'a-t-on demandé, qui le Triple X de Vin Diesel dans le film éponyme, qui le tribal de Georges Clooney dans "Une nuit en enfer", qui le olds school du mannequin de la pub Gaultier "Le mâle"... et ça c'est juste pour les messieurs. La gente féminine surveille de près les tattoos des mesdames Angelina Jolie (le tibétain), Nicole Ritchie (Le chapelet) et j'en passe et des meilleures...

Nous avons donc 2 types de tatouages médiatiques les faux (dans les films, les pubs) et les vrais, ceux des "people" (gros guillemets très ironiques).

Commençons par rappeler qu'un tatouage doit être une création : copier un motif bêtement récupéré dans les média (presse, internet...) est rarement un bon choix dans la mesure ou l'on risque de voir pleins de clones de son dessin l'été à la plage... et c'est là le moins grave des risques.



A/ Les faux
A la fin du tournage de "Triple X" Vin diesel a été très content de retrouver sa peau de bébé (musclé) dans l'état d'origine et pas obligé de vivre le reste de sa vie avec un marquage de film pour adulte bien en évidence sur la nuque. Même chose pour ce cher George "what else" Clooney, qui n'aurait probablement jamais touché 2 millions d'Euros pour tourner les classieuses pubs Nespresso avec un gros tribal - horrible - dépassant de sa chemise ! Ne parlons pas d'"American History X" ou de "Prison break"...

N'oubliez jamais que du cinéma, ben, c'est du toc, de l'illusion et que les 3 X de Diesel sur un gros dur baraqué dans un film, c'est assez respectable, et il ne les garde pas après le tournage ; mais en définitif, sur un petit gros boutonneux, dans la réalité, c'est tout simplement ridicule...



B/ Les Vrais
Angelina, Nicole, Johnny; tous ces gens qui encombrent les pages scandale de ces journeaux que "personne" ne lit -mon oeil - ont eu la bonne idée de se faire encrer des (pas toujours) jolis tatouages. Donc, dans la foule emerveillée, naissent des vocations de suiveurs : ce qui est une très mauvaise façon d'envisager le tatouage. Une fois, quelqu'un m'a présenté la page arrachée d'un magasine pornographique en me demandant le même tattoo que le monsieur sur la photo (qui n'avait plus rien à cacher). Argh !

Mauvaise idée, très mauvaise idée. Je ne pense pas que vous croisiez Angelina Jolie à Canet-plage cet été ; mais si cela devait arriver, par le plus grand des malheurs, vous ne voudriez pas que sa première réaction soit : " Mais, il m'a copié ce C*n !"
... dommage !

En conclusion...

Je ne saurais trop le répéter, un tatouage est un acte personnel, motivé par des raisons personnelles aboutissant à une création unique et personnelle. Jai eu le cas récemment d'un jeune homme fort inspiré par la pub Gaultier ; et bien, on a analysé ce qui lui plaisait dans le visuel et je lui ai créé un motif clairement inspiré par Jean-Paul (pas "2" , l'autre ^^ ) mais entièrement nouveau et original :

s'inspirer oui, copier non !

04 février 2009

Styles (3) : Le New School


Dans un article précédent j'abordais le grand père de tous les styles actuels, le Old School, aujourd'hui je vais vous parler de son pendant actuel : le New School.


Le tatouage News School est pour moi la plus pure expression du bonheur de tatouer : grosse couleur, gros tracé, formes exagérées, thèmes libres.... ben le pied absolu, quoi !!!

Grosso modo, on pourrait dire que le NS est principalement un trip de graphiste inspiré de la scène artistique américaine underground des années 90 à nos jours : les logos de marques de Skate, HxC, BMX, le graph, le tag... tous les motifs dotés de couleurs criardes, au traitement dynamique, distordu, perspectives outrées et liberté thématique absolue.



L'avantage du NS c'est qu'on peut le marier à toutes les sauces, reprendre des thématiques old school, par exemple, et leur donner un coup de jeune en modifiant les couleurs, en accentuant les tracés ; on peut faire des sacrés coeurs ou des ancres de marine New school du plus bel effet. On peut aussi reprendre des thèmes classiques du tattoo japonais et les faire passer au XXIe Siècle !

Pour un tatoueur connaissant bien son répertoire, c'est aussi l'occasion de faire du freestyle super dynamique et de proposer des pièces à la fois hyper personnalisées et très colorées.


La couleur n'est pas non plus une obligation... mais on peut toujours y revenir plus tard ^^.