16 mars 2009

Styles (4) : Le memorial




Il existe des milliers de raisons de se faire un tatouage, beaucoup sont légitimes, certaines le sont objectivement moins (être à la mode, gagner un pari, imiter une star...). Il y a une catégorie de tattoo qui reste indubitablement l'une des plus sincères , authentique et justifiée : le mémorial.

Nom de nom !

Je déconseille généralement le tatouage nominatif : les époux, femmes et petites amies changent, souvent avant que l'on ne s'y attende, mais la peau demeure. Idem pour les noms d'artistes ou de groupes, les goûts évoluent avec le temps et le gros "AC-DC" de vos 18 ans ne correspondra pas forcément à votre image de cadre bancaire quadragénaire.

Se faire tatouer le nom des ses parents, ascendants ou descendants, est déjà affaire plus raisonnable, il est dans la nature des choses que les liens du sang soient généralement inaltérables, ce qui convient mieux à la pérennité du tatouage.

Rest in Peace...

Une dernière catégorie de tatouage nominatif reste à aborder, et c'est le mémorial. Tatouage d'anthologie s'il en est, le mémorial nous revient d'outre-Atlantique après avoir presque disparu de nos riantes contrées. Forme d'hommage ou devoir de mémoire, se faire tatouer le nom d'un cher disparu est une façon de faire son deuil fort honorable et de marquer le coup.

Le mémorial peut prendre une multitude de formes, du plus évident (Nom + date de décès), au plus élaboré (sacré cœur / ange / hirondelle...), en passant par les classiques (R.I.P.) et même si sa vocation première n'est pas forcément esthétique, un joli dessin reste un plus appréciable. Le Oldschool est un style de référence pour ce genre, son côté sobre et classique cadrant bien avec la solennité du message.

Noir c'est noir...

Le mémorial peut aussi être plus indirect, en représentant un attribut du défunt, ou ses affinités. Ainsi j'ai déjà effectué des tatouages de ce type à base de pièces mécaniques, pour un motard, ou à base de certains types de fleur qu'aimait une défunte...

Ce n'est pas le tatouage le plus évident à faire, tant la charge émotionnelle est souvent forte. Même ne connaissant pas le disparu, voir un père venir quelques jours après l'accident se faire tatouer le nom de son fils, est un moment difficile pour moi, sans que cela ait la moindre commune mesure avec le deuil de sa famille, bien-sûr, mais le soir en rentrant à la maison, je dois dire que j'ai souvent le blues...

Le plus difficile étant quand le défunt et le tatoué font partie de mes connaissances, sans faire de sentimentalisme, ou de psychologie de supermarché, j'essaye d'aider, dans la mesure de mes talents graphiques, ces clients un peu particuliers à surmonter leur chagrin.