28 septembre 2010

Les 12 comandements du tatouage

Librement traduits et adaptés du "Tattoo etiquette" de Kat Von D.



1 - Ne pas arriver à la session sous l'emprise de drogue ou d'alcool : une décision qui engage celui qui la prend ne doit pas se faire sous l'emprise  d'une substance psycho-active, les réactions du tatoué sont moins prévisibles.

2 - Arriver à l'heure, ou prévenir en cas de retard... la moindre des politesses.

3 - Ne pas négocier le prix : "un beau tatouage est cher, un tatouage pas cher n'est souvent pas beau" Sailor Jerry.

4 - Ne pas amener d'enfants, ce n'est pas leur place : trop risqué sur le plan hygiène, souvent stressant pour le tatoueur,  ne pas confondre studio de tatouage et garderie.

5 - Ne pas demander sa propre musique, votre intérêts c'est que le tatoueur soit concentré pour faire un bon boulot, tout ce qui y contribue va dans ce sens.

6 - Manger avant une session, évitez l'hypoglycémie !

7 - S'habiller en fonction du tatouage à effectuer, que la zone tatouable soit accessible et que le vêtement ne craigne pas les tâches.

8 - Prendre une douche avant la session : besoin d'expliquer ?

9 - Ne pas jouer les conseilleurs en tatouage, ou en amener un : ne pas faire comprendre au tatoueur qu'on en connaît plus sur son métier que lui, et ne pas amener quelqu'un qui se comporte comme tel. Énerver ou vexer le tatoueur est toujours un mauvais choix. Quand au choix du motif il vous est personnel : personne ne le portera à votre place, donc pas de conseilleur.

10 - Ne pas venir nombreux à une session : pas la peine d'amener tous les potes ou la famille au grand complet, ils vont probablement s'ennuyer ou gêner le bon fonctionnement de la session.

11 - Éteindre le téléphone portable : faire sursauter le tatoueur avec une sonnerie impromptue n'est jamais un bon choix !

12 - Ne pas se faire tatouer en étant enceinte : le tatouage induit un stress et une sollicitation du système immunitaire incompatible avec la grossesse.

02 août 2010

Styles (7) : le lettrage, deuxième partie : la forme.

Maintenant que nous avons survolé le fond du sujet, dans le précédent post, voici venu le temps (des rires et des chants...) d'aborder la partie graphisme du lettrage : la forme.


Lisible ou pas ?

   Quelque soit le contenu du message, la première question à se poser est : à qui est-il destiné ? Et par extension, doit il être crypté ou pas ? Il est tout à fait acceptable de se faire tatouer un message adressé à soi même, pour marquer un moment dans sa vie, se faire une promesse, un avertissement... une sorte de pense-bête ad vitam aeternam, dont on serait l'unique récipiendaire. La lisibilité n'est pas le principal atour que doit revêtir ce cas particulier de tatouage, qui pourrait d'ailleurs fort bien sauter le stade de l'écrit pour passer en mode symbolique.

   Vient ensuite le cas inverse : le message destiné à la compréhension d'autrui, où précisément la lisibilité devient un impératif.


Mais que fait la police !!!

   La police, ou "font" en anglais, est le type "d'écriture" que l'on va utiliser pour réaliser le lettrage. Il existe littéralement des dizaines de milliers de polices disponibles le net, il suffit d'aller faire un tour sur www.dafont.com pour s'en convaincre, il y en a pour tous les goûts, des plus classiques aux plus extravagantes.

  Le problème des ces polices est le même que celui des catalogues de motifs de tatouage : sur la masse globale de l'offre, 95% des fontes proposés sont laides ou tout simplement inintéressantes, donc on va retomber toujours sur les 5% qui restent. Par exemple, en police gothique, une majorité de tatouages utilise la "Cloister black" (quelque soit le nom qu'on lui donne, car des petits malins s'amusent à renommer des polices, bouh les méchants!!!)


   Il y a aussi les lettrages "faits main", comme les tags / graphs, les lettrages chicanos, les scripts  divers et variés ; ces réalisations originales permettent un degré de personnalisation incomparables avec celui des polices informatiques, le caractère unique de chaque tatouage étant quasiment assuré.

   Une bonne alternative est la modification d'une police informatique, soit en retouche informatique, soit sur sortie imprimante, ce qui permet de garder la rigueur de la machine tout en obtenant  un résultat personnalisé.


Support / Surface

   Un paramètre incontournable en matière de tatouage est le support : l'endroit où l'on va placer le tatouage va déterminer ce que l'on peut, ou ne peut pas faire. cette règle s'applique au lettrage tout autant qu'autres tattoos. Qu'il soit entendu que la peau permet beaucoup de choses, mais n'est pas un support aux capacités infinies, et que ce qui sort d'une imprimante ne lui est pas forcément adaptable. on va distinguer quatres axes de travail interdépendants :

  • la police
  • la taille
  • le nombre de caractères
  • l'endroit

   Une police complexe sera plus appropriée à du gros lettrage avec peu de caractère, a contrario un texte assez long se satisfera mieux d'une police simple et lisible. Toujours garder la lisibilité à l'esprit... Ensuite il n'est pas interdit d'adapter la ligne de base du lettrage à la zone tatouée : en arc de cercle sur le haut du ventre ou du dos, en vague au niveau du pli inguinal ou des abdos latéraux, tout est permis dans la mesure ou cela apporte un intérêt graphique au texte et une meilleure cohérence avec le corps..

27 juillet 2010

Styles (6) : Le Lettrage, première partie, le fond.



Une longue et glorieuse histoire...
     Dans la série "les grands classiques du tattoo", le lettrage tient une place de choix, et ce depuis probablement plus longtemps que la plupart des autres types d'encrages. Après tout si l'on considère le tatouage - à l'instar de toutes les autres formes d'art - comme un vecteur de communication, d'expression, l'écrit peut apparaitre comme le moyen le plus efficace et le plus précis de faire passer un message donné.

Le fond : qu'est-ce qu'on écrit ?
    Comme le sujet est un peu vaste, je vais le traiter en deux parties, le fond et la forme. D'abord le fond.


La base : les noms...
     La première catégorie de lettrage, c'est le nom : celui du porteur, de sa famille, de sa ville, de son pays... Identifier le porteur par la dénomination d'un élément de son environnement personnel permet de donner au tatouage une dimension identitaire forte et l'assurance d'une pérennité de la pertinence : en théorie, sauf cas exceptionnel, on ne change pas de nom de famille ou de lieu de naissance, les parents restent les parents, et les enfants restent les enfants.

Je t'aime, un peu, beaucoup... plus du tout !
   Notable entorse à cette règle idyllique : le conjoint... Les temps sont durs pour les liens de mariage et de concubinage, et se faire tatouer le nom de l'être aimé est dans 99% des cas une erreur fatale, j'ai déjà recouvert ce type de "preuve d'amour" quelques semaines seulement après le tatouage originel.... à proscrire, donc, même en rusant avec des alphabets exotiques ( chinois, hébreux...), car si l'écrit reste indéchiffrable pour le commun des mortels français, le tatoué sait ce qu'il a sur la peau, ce qui est parfois lourd à porter.

 Devisons gaiement !
   Les devises sont un autre grand classique, permettant avec un minimum de mots d'obtenir un message clair. Souvent liées à un contexte géographique ou professionnel, leur caractère laconique fait leur force, leur exaltation morale fait leur valeur.

 Quelques morceaux de choix :

  •   Semper fidelis / Semper Fi - Latin -  fidèle pour toujours ( US Marines ).
  •   Sauver ou périr ( Pompiers ).
  •   Memento mori - Latin - souviens toi que tu vas mourir.
  •   No pain, no gain - Anglais - Pas de gain sans souffrance.
  •   Sempre endavant - Catalan -Toujours en avant (Usap - club de rugby).
   Toutefois, je pense que par correction, il vaut mieux éviter "d'emprunter" des devise liées trop intimement à un groupe social donné, par exemple se faire encrer "Debout les morts" devise du 3e RIMa est plus indiqué si vous avez effectivement fait partie de ce régiment, ne serait-ce que par respect pour ceux qui ont donné leur vie sous ces couleurs.
   Ensuite, essayer de porter une devise correspondant vraiment à ses propres valeurs morales.
   Enfin, il ne faut pas perdre de vue que certaines devises recouvrent des réalités historiques pour le moins polémiques, genre "Meine Ehre heißt Treue" - Allemand - Mon honneur s'appelle fidélité - devise de la SS, celle-ci étant évidente d'autres le sont moins... mieux vaut vérifier.

Paroles, paroles, paroles...
   Et le reste : poèmes, paroles de chansons, titres de films, etc... Tout texte est valide, tant qu'il se réfère à un élément personnel authentique. Autrement dit si quelque chanteur grand-breton se fait tatouer "Chacun à son goût" et bien, point n'est besoin de faire de même... Comme pour tout tatouage, une bonne réflexion en amont évite une grosse déception en aval.

De Charybde en Scylla : quelques écueils à éviter.
  • Vérifier et revérifier l'orthographe : se balader avec un 0/20 en dictée toute sa vie, bof.
  • De même pour les langues étrangère, attention aux traductions véreuses.
  • Éviter les "blagues" et effets humoristiques... qui ne font plus rire 1 mois plus tard.
  • Attention à tout ce qui relève du politique ou du religieux, parfois lourd à assumer.
  • Éviter les textes trop longs souvent incompatibles avec certaines zones du corps.


à suivre : Le lettrage, deuxième partie : la forme.

01 juin 2010

Styles (5) : Le crayonné... croquis... "à la Tim Burton"...



Dénomination
Alors voilà donc un style qui ne dispose pas encore vraiment d'étiquette officielle même si un grand nombre de praticiens l'abordent plus ou moins directement...
Problème de taxinomie tout au plus, la demande étant de plus en plus répandue, on finit toujours par savoir de quoi on parle, à partir du moment où l'on commence à spécifier "un peu façon croquis" ou "à la Tim Burton" ou encore "avec des traits un peu cassés, qui sortent du dessin".

Evolution
Graphiquement, ce style permet au tatouage de s'affranchir des codes convenus de la mimesis et de l'acharnement technique pour aboutir à une forme d'expression plus libre et plus spontanée. Apparu à la fin des années 90 / début des années 2000, s'appuyant sur une longue tradition graphique et plastique qui remonte aux peintures rupestres en passant par Bernard Buffet, George Mathieu ou les symbolistes, ce type de tatouage avant-gardiste fut longtemps, au niveau national, la chasse gardée d'un petit nombre de tatoueurs, Tribal Act à Paris ou Belly Button dans notre bonne vieille cité de Perpignan.



VulgarisationAujourd'hui, il suffit de lire la presse magazine nationale pour s'apercevoir que de nombreux professionnels leur ont emboité le pas, soit de façon sporadique (comme moi ^^), soit en se spécialisant eux aussi.
Toulouse, Lyon, Paris, la plupart des grandes agglomérations ont leur pro du "croquis", tant et si bien, que l'originalité du concept a tendance à s'éroder pour devenir un style parmis tant d'autres. Il faut dire aussi que l'apparente facilité de dessin a parfois attiré sur ce territoire graphique des gens peu portés -ou doués- sur la technique, revers connu par l'art comtemporain en son temps.

Conclusion
Le style "croquis", quand il est correctement pratiqué, reste une bonne alternative aux grands courants du tatouage, Oldschool / Newschool, et permet même la réinterprétation de classiques sauce "Burton" : tribal, poly, hirondelle, lettrages... tout y passe !

30 janvier 2010

Noir noir... ou noir pas noir ?



Dans la série "les questions les plus posées" voici un chef-d'œuvre du genre :

Vous utilisez du noir... noir ?

Bien, bien, bien : voilà qui requiert une petite explication. L'encre noire que la plupart des tatoueurs professionnels utilisent est vendue comme étant noire. Jusque là, rien de surprenant. Il faut savoir que le noir absolu, 100% black, ne se rencontre pas souvent ni dans la nature ni dans dans la chimie, on trouve des noirs à 95% et des brouettes et tous orientés dans une direction du cercle chromatique; autrement dit, noir bleuté, verdâtre, marron...


 Le cercle chromatique, cauchemar des étudiants en 1ére année Beaux arts :
essayez de le refaire à la gouache, pour voir...


Donc, si l'on se base sur le cercle chromatique ci-dessus, on peut considérer que la plupart des encres noires se situent entre le 2e cercle en partant du centre et le centre.

Ceci étant posé, après avoir parlé "peinture", nous allons aborder la "toile", autrement dit la peau (mais vous aviez déjà compris, mes lecteurs sont généralement super intelligents ^^).

La toile !

Le tatouage par effraction cutanée, terminologie légale, implique l'introduction de pigments dans la peau en n'en franchissant que les épaisseurs caduques, pour les déposer sur la surface pérenne. Autrement dit le pigment se retrouve pris entre 2 épaisseurs de tissus, puisque lors de la cicatrisation, la peau se reforme par dessus lui.

La couleur perçue est donc liée à 2 facteurs supplémentaires : la couleur de fond de la peau et le filtrage lié à l'épaisseur de peau le séparant de l'extérieur. La surface de pigment n'étant pas, stricto-sensu, opaque, la couleur perçue est une addition de celle-ci et de la pigmentation naturelle du derme. Ensuite cet ensemble est filtré et atténué par les couches de peau externes donnant la couleur résultante finalement perçue. Ce qui explique aussi que les couleurs d'un tatouage soient plus vives après une douche, par exemple.



Si on ajoute à cela le contraste entre la peau à la périphérie du tatouage et ce dernier, on obtient encore une variable de perception : un noir semblera "plus" noir sur une peau blanche que sur une peau mate ou foncée.

Dernier facteur de perception : le type d'éclairage. La plupart de lumières sont colorées ; bleuté/vert pour les néons, jaune/orangé pour les lampes à incandescence...

Tout cela explique pourquoi, à technique, encre et motif équivalent, un noir sera perçu différemment sur deux personnes différentes. Je parle ici du noir, mais cela vaut pour toutes les couleurs utilisées en tatouage.

Avec le temps...

Reste ensuite à aborder les évolutions contextuelles et idiosyncratiques (j'aime les mots compliqués...). La peau est un matériau vivant - enfin dans la plupart des cas -, ce qui signifie qu'elle va évoluer en fonction du vieillissement et de facteurs externes comme l'exposition au soleil. Nous devrions protéger notre peau à chaque exposition au soleil, tatouage ou pas; mais avec un tatouage c'est encore plus nécessaire : les UV sont un facteur de décoloration du pigment, donc, une personne qui passe sa vie à l'ombre, genre moi, va conserver de fraiches couleurs toute sa vie, alors qu'un estivant forcené de la bronzette va voir ses tatouages s'atténuer en fonction de la durée et de l'intensité de ses expositions à l'astre de jour. En schématisant, on pourrait comparer cela à un traitement au laser en beaucoup plus lent.

Et on se demande encore pourquoi je HAIS la plage...

27 janvier 2010

Miami ink, LA ink, London ink : quand la télé passe à l'encre.


le Staff de LA ink

Véritable phénomène médiatique de l'autre côté de l'Atlantique, les séries "Ink" font un véritable carton depuis 2005. Et comme tout ce qui arrive aux States finit un jour ou l'autre par nous tomber sur le coin de la face (j'aurais pu dire "gueule" mais ça fait vulgaire...^^), v'la t'y donc pas, que ça débarque cheu nou-z-aut'.

Alors, oui, c'est très bien que l'on consacre du temps d'antenne à autre chose que rendre le consommateur disponible à l'achat de boissons gazeuses, et c'est encore mieux quand ça parle de tatouage, mais bon...

Télé-réalité n'est pas réalité...

Dire que la télé est un miroir déformant est une banalité, mais quand on parle de télé-réalité, il ne faut jamais perdre de vue le paradoxe inhérent au concept : c'est tout sauf de la "réalité".
Ces émissions, quand elles traitent du tattoo, nous montrent en général du travail de bonne qualité, cependant du fait de la scénarisation et du montage de chaque épisode, il faudrait indiquer que de très nombreux raccourcis sont utilisés pour dynamiser la mise en scène qui peuvent induire un public non averti en erreur :

a/ Un tatouage d'une certaine taille peut prendre des mois à être réalisé, parfois même des mois à être préparé et retravaillé, et non pas quelques minutes..

b/ Ces séries évitent prudemment de parler des tarifs pratiqués dans ces studios, ce qui donne une fausse impression de "gratuité" ou de pas-chèreté" (^^)... dieu, que cela est trompeur !

c/ Le contexte américain est beaucoup plus favorable aux tatouages visibles, contrairement à notre bon vieil hexagone : là-bas il est courant de se balader avec un bras complet ou une grosse pièce bien apparente, pas ici !

Tout n'est pas noir...

Le côté positif des choses, c'est que l'on commence à voir émerger une véritable culture tatouage et que le grand public et la ménagère de moins de 50ans s'aperçoivent progressivement qu'il existe autre chose que les bousilles à grand papa.... et deviennent plus exigeants et plus connaisseurs.