27 juillet 2010

Styles (6) : Le Lettrage, première partie, le fond.



Une longue et glorieuse histoire...
     Dans la série "les grands classiques du tattoo", le lettrage tient une place de choix, et ce depuis probablement plus longtemps que la plupart des autres types d'encrages. Après tout si l'on considère le tatouage - à l'instar de toutes les autres formes d'art - comme un vecteur de communication, d'expression, l'écrit peut apparaitre comme le moyen le plus efficace et le plus précis de faire passer un message donné.

Le fond : qu'est-ce qu'on écrit ?
    Comme le sujet est un peu vaste, je vais le traiter en deux parties, le fond et la forme. D'abord le fond.


La base : les noms...
     La première catégorie de lettrage, c'est le nom : celui du porteur, de sa famille, de sa ville, de son pays... Identifier le porteur par la dénomination d'un élément de son environnement personnel permet de donner au tatouage une dimension identitaire forte et l'assurance d'une pérennité de la pertinence : en théorie, sauf cas exceptionnel, on ne change pas de nom de famille ou de lieu de naissance, les parents restent les parents, et les enfants restent les enfants.

Je t'aime, un peu, beaucoup... plus du tout !
   Notable entorse à cette règle idyllique : le conjoint... Les temps sont durs pour les liens de mariage et de concubinage, et se faire tatouer le nom de l'être aimé est dans 99% des cas une erreur fatale, j'ai déjà recouvert ce type de "preuve d'amour" quelques semaines seulement après le tatouage originel.... à proscrire, donc, même en rusant avec des alphabets exotiques ( chinois, hébreux...), car si l'écrit reste indéchiffrable pour le commun des mortels français, le tatoué sait ce qu'il a sur la peau, ce qui est parfois lourd à porter.

 Devisons gaiement !
   Les devises sont un autre grand classique, permettant avec un minimum de mots d'obtenir un message clair. Souvent liées à un contexte géographique ou professionnel, leur caractère laconique fait leur force, leur exaltation morale fait leur valeur.

 Quelques morceaux de choix :

  •   Semper fidelis / Semper Fi - Latin -  fidèle pour toujours ( US Marines ).
  •   Sauver ou périr ( Pompiers ).
  •   Memento mori - Latin - souviens toi que tu vas mourir.
  •   No pain, no gain - Anglais - Pas de gain sans souffrance.
  •   Sempre endavant - Catalan -Toujours en avant (Usap - club de rugby).
   Toutefois, je pense que par correction, il vaut mieux éviter "d'emprunter" des devise liées trop intimement à un groupe social donné, par exemple se faire encrer "Debout les morts" devise du 3e RIMa est plus indiqué si vous avez effectivement fait partie de ce régiment, ne serait-ce que par respect pour ceux qui ont donné leur vie sous ces couleurs.
   Ensuite, essayer de porter une devise correspondant vraiment à ses propres valeurs morales.
   Enfin, il ne faut pas perdre de vue que certaines devises recouvrent des réalités historiques pour le moins polémiques, genre "Meine Ehre heißt Treue" - Allemand - Mon honneur s'appelle fidélité - devise de la SS, celle-ci étant évidente d'autres le sont moins... mieux vaut vérifier.

Paroles, paroles, paroles...
   Et le reste : poèmes, paroles de chansons, titres de films, etc... Tout texte est valide, tant qu'il se réfère à un élément personnel authentique. Autrement dit si quelque chanteur grand-breton se fait tatouer "Chacun à son goût" et bien, point n'est besoin de faire de même... Comme pour tout tatouage, une bonne réflexion en amont évite une grosse déception en aval.

De Charybde en Scylla : quelques écueils à éviter.
  • Vérifier et revérifier l'orthographe : se balader avec un 0/20 en dictée toute sa vie, bof.
  • De même pour les langues étrangère, attention aux traductions véreuses.
  • Éviter les "blagues" et effets humoristiques... qui ne font plus rire 1 mois plus tard.
  • Attention à tout ce qui relève du politique ou du religieux, parfois lourd à assumer.
  • Éviter les textes trop longs souvent incompatibles avec certaines zones du corps.


à suivre : Le lettrage, deuxième partie : la forme.