03 janvier 2013

Corps et tatouage...

De l'importance de la taille, de l'emplacement...
   La taille, la surface d'un tatouage, est un facteur déterminant dans sa conception, sa réalisation et la façon dont il va "vivre" avec son porteur. Aborder ce sujet implique de parler du support : le corps, et du motif : le tatouage et du rapport entre ces deux paramètres.  Cela implique aussi de parler du rapport entre fond et forme, et entre emplacement et symbolique
Commençons par la taille: il y a deux types opposés de philosophies d'approches d'un tattoo : la première, anatomique et  la seconde "sticker".


Collons au sujet...
   Commençons par évacuer la seconde : celle que j'appelle "sticker" : à l’instar de l'autocollant, ce tattoo est par conception totalement indépendant de la partie du corps où il va se placer, son seul paramètre anatomique est une limite : par définition il ne peut pas être plus grand que la surface qui lui échoit.
Ce n'est pas une approche mineure dans la mesure où elle correspond la plupart du temps à des motifs sémiotiques : La signification prend souvent, le pas sur l'aspect.
Cela recouvre tout ce qui est de l'ordre du logo, du glyphe ou des petits dessins. Grosso modo cela défini un champ graphique qui va du Kanji (idéogramme japonais piqué aux chinois) au Biohazard (symbole de danger biologique) en passant par les petits dauphins, les croix, les chiffres... Sa taille importe peu au niveau signifiant, mais plutôt au chapitre pragmatique : trop petit il risque de se flouter par diffusion en vieillissant, trop gros il risque... d'être juste trop gros ! (voir un peu plus loin, "interférences")
Quant à l'emplacement, sa valeur est liée au signifié : par exemple la proximité du cœur est propice aux sujets familiaux, qu'à contrario j'ai tendance à déconseiller à proximité des organes génitaux (cela me semble assez logique : on ne tatoue pas le nom de sa mère à côté de ses bijoux, justement, de famille.)


Anatomie
    La conception anatomique considère le tatouage comme un élément graphique corporel intrinsèque : autrement dit le motif doit se marier le plus possible au corps pour s'y intégrer et le mettre, de préférence, en valeur; en totale indépendance du style, que l'on envisage du japonais, du maori, du biomécanique...
N'oublions jamais que le visuel perçu d'un corps n'est qu'un ensemble de variations chromatiques liées au parcours de la lumière sur les surfaces qui le composent : ergo, le tatouage n'est ici considéré que comme l'une de ces variations lumineuses.


Interférences
    Donc le tattoo peut influencer la perception du corps au même titre que les courbes corporelles. Plus un tatouage est grand, plus il va interférer avec l'aspect visuel du corps : l'orientation et la taille d'un motif peuvent mettre une musculature en valeur, ou renforcer un bourrelet jusque là discret...
D'où l’extrême importance que revêtent ces choix, ainsi que leur caractère unique et personnel : au passage, un argument de plus contre la copie "bête et méchante" du tatouage d'un autre, car ce qui met l'un en valeur ne fonctionnera très probablement pas sur l'autre, et vice et versa.
Il convient, sauf à les pousser dans le cadre d'une démarche raisonnée, d'éviter les contresens anatomiques : c'est le même principe que les bandes verticales ou horizontales sur les vêtements, celles qui soulignent les rondeurs ou les atténuent.